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Acte de notoriété en Tunisie : comment l'obtenir et à quoi il sert
L'acte de notoriété est le document qui établit la liste des héritiers d'une personne décédée et la part revenant à chacun. Il est dressé par notaire sur déclaration de témoins, puis homologué par le juge cantonal. Sans lui, aucune banque, aucune administration et aucune conservation foncière n'accepte de traiter le dossier de succession.
Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 18 août 2026, vérifié le 18 août 2026. 14 min de lecture
À retenir
- L'acte de notoriété ne crée aucun droit, il constate la dévolution successorale et permet de la prouver.
- Il repose sur les actes d'état civil et sur la déclaration de témoins connaissant la famille.
- L'homologation par le juge cantonal lui donne sa force devant les administrations et les banques.
- Les parts y sont exprimées selon la composition exacte de la famille, jamais selon un barème unique.
- Un héritier vivant à l'étranger peut se faire représenter par procuration consulaire, sans revenir en Tunisie.
Sur quels textes cela repose
- Code du statut personnel
- Il fixe les règles de dévolution successorale, la qualité d'héritier, les cas d'exclusion et la manière dont les parts se déterminent selon la composition de la famille.
- Code de procédure civile et commerciale
- Il organise la compétence du tribunal cantonal, la présentation de la demande d'homologation et les voies ouvertes à celui qui conteste un acte déjà homologué.
- Code des droits d'enregistrement et de timbre
- Il soumet les actes relatifs aux successions à une formalité d'enregistrement auprès de la recette des finances, préalable à leur usage devant les administrations.
Qu'est ce qu'un acte de notoriété et que prouve t il ?
C'est un acte qui constate, sur la foi de déclarations recueillies par notaire, l'identité du défunt, la date de son décès et la liste de ses héritiers avec la part revenant à chacun. Il ne crée aucun droit et n'attribue aucun bien : il fait la preuve d'une situation juridique déjà née au jour du décès.
La confusion la plus fréquente consiste à voir dans cet acte un titre de propriété. Il n'en est rien. Au jour du décès, la succession s'ouvre et les héritiers deviennent propriétaires indivis de plein droit. L'acte de notoriété se contente de rendre cette réalité lisible pour les tiers, qui n'ont aucun moyen de savoir qui compose la famille du défunt et refusent, à juste titre, de se fier à une simple affirmation.
Cette fonction probatoire explique la rigueur du formalisme. Le notaire ne se contente pas d'écrire ce que la famille lui dicte : il recoupe les déclarations avec les actes d'état civil produits et recueille le témoignage de personnes extérieures. Le juge cantonal exerce ensuite son propre contrôle avant d'homologuer. Ce double filtre est ce qui donne à l'acte sa valeur devant une banque ou devant la conservation de la propriété foncière.
Il faut également comprendre que l'acte fige une photographie à une date donnée. Si un héritier décède après le défunt mais avant le partage, sa propre succession s'ouvre et vient se superposer à la première. Il faudra alors un second acte de notoriété, et la chaîne devra être reconstituée dans l'ordre. Cette superposition est la cause la plus banale des dossiers qui traînent pendant des décennies.
Enfin, l'acte n'a pas vocation à trancher un désaccord. Lorsqu'une personne conteste la qualité d'héritier d'une autre, ou lorsqu'une filiation est discutée, seul un tribunal peut statuer. Le notaire n'a ni le pouvoir ni la mission d'arbitrer ces différends, et un acte dressé dans un climat de contestation ouverte sera tôt ou tard remis en cause.
Qui peut demander l'établissement de l'acte ?
Toute personne qui se présente comme héritier peut engager la démarche, sans avoir besoin de l'accord préalable des autres. En pratique, un seul membre de la famille suffit à lancer le dossier, à condition de déclarer l'ensemble des héritiers.
Cette règle est précieuse dans les familles où le dialogue est rompu. Un héritier peut faire établir l'acte seul et ainsi débloquer une situation que l'inertie des autres maintenait figée. Il ne peut en revanche pas profiter de cette initiative pour écarter qui que ce soit : sa déclaration doit être complète, et le notaire l'interroge précisément sur ce point.
Dans la pratique du cabinet, il est presque toujours préférable que la démarche soit menée par la personne qui détient les pièces d'état civil et connaît le mieux la composition de la famille. La rapidité du dossier tient moins à la procédure elle même qu'à la capacité de produire immédiatement des documents cohérents.
Une personne qui n'est pas héritière mais qui a un intérêt à connaître la dévolution, un créancier du défunt par exemple, ne peut pas se substituer à la famille. Elle dispose d'autres voies, notamment judiciaires, pour faire établir contre qui elle doit agir. Ce point est développé dans nos articles consacrés au passif successoral.
Peuvent engager la démarche
- Le conjoint survivant, quel que soit le régime de biens choisi lors du mariage
- Chaque enfant du défunt, y compris ceux issus d'une union antérieure
- Les parents du défunt lorsqu'ils lui survivent
- Les autres parents appelés à la succession en l'absence de descendants
- Le représentant légal d'un héritier mineur ou placé sous protection
- Un mandataire muni d'une procuration régulière, notamment consulaire
Quelles pièces faut il réunir avant d'aller chez le notaire ?
Il faut l'acte de décès, les actes d'état civil qui établissent le lien de chaque héritier avec le défunt, et les pièces d'identité de tous. Un dossier incomplet ne bloque pas seulement la rédaction : il conduit souvent à un acte inexact qu'il faudra rectifier.
La difficulté vient rarement du nombre de pièces, mais de leur cohérence. Un prénom orthographié de deux façons différentes selon les documents, une date de naissance approximative sur un acte ancien, un nom translittéré autrement sur un document étranger : chacun de ces écarts suffit à faire douter l'administration qui recevra l'acte plus tard, souvent des années après.
Il est donc utile de traiter les rectifications d'état civil en amont, avant même de solliciter le notaire. Une erreur corrigée à ce stade coûte un déplacement, la même erreur découverte au moment de vendre un bien coûte des mois. Nos équipes recommandent systématiquement cette vérification préalable lorsque des actes anciens ou étrangers figurent au dossier.
Lorsque des documents ont été établis à l'étranger, ils doivent être présentés dans les formes admises en Tunisie, avec traduction et légalisation selon le pays d'origine. Un acte de naissance délivré par une commune européenne ne se présente pas tel quel : il faut anticiper ces formalités, qui prennent du temps et se font depuis le pays de résidence.
Le dossier type
- Acte de décès du défunt, en plusieurs exemplaires
- Acte de mariage du défunt et, le cas échéant, jugement de divorce transcrit
- Actes de naissance de chacun des héritiers
- Actes de décès des héritiers déjà décédés depuis l'ouverture de la succession
- Cartes d'identité nationale ou passeports de tous les héritiers
- Pièces d'identité des témoins appelés à déclarer devant le notaire
- Traductions et légalisations des documents établis à l'étranger
Pourquoi des témoins sont ils entendus ?
Parce que l'état civil ne dit pas tout. Il établit des naissances et des mariages, mais il ne certifie pas qu'aucun autre enfant n'existe ni qu'aucun héritier n'a été oublié. Le témoignage de personnes proches vient combler cette lacune.
Les témoins déclarent connaître la famille et attestent de sa composition telle qu'elle leur est connue. Leur rôle n'est pas décoratif : c'est sur leur déclaration que repose l'affirmation selon laquelle la liste présentée est complète. C'est aussi pour cette raison qu'ils ne peuvent pas être eux mêmes héritiers, puisqu'ils auraient alors un intérêt direct au contenu de l'acte.
Le choix des témoins mérite un peu de réflexion. Un voisin de longue date, un cousin éloigné, un ami de la famille présent depuis des décennies sont des profils solides. Une personne rencontrée le jour même, qui ne connaît ni les enfants ni le parcours du défunt, expose l'acte à une contestation ultérieure et met le notaire dans une position délicate.
Il arrive que des témoins hésitent, par crainte d'être engagés dans un conflit familial. Il est utile de leur expliquer que leur déclaration porte sur ce qu'ils savent, et non sur la répartition des biens, qui ne les concerne pas. Une déclaration honnête, même partielle, vaut mieux qu'une affirmation complaisante que la suite du dossier viendra démentir.
Lorsque la famille est dispersée ou que le défunt a vécu longtemps loin de son lieu d'origine, trouver des témoins fiables devient un vrai sujet. Il faut alors s'y prendre à l'avance et parfois organiser leur déplacement. Ce point pratique explique une part non négligeable des retards constatés dans les successions de personnes émigrées.
Comment les parts sont elles exprimées dans l'acte ?
L'acte indique la part revenant à chaque héritier, déterminée selon les règles du Code du statut personnel. Cette part dépend entièrement de la composition de la famille au jour du décès et ne peut pas être annoncée à l'avance sans connaître cette composition.
C'est le point sur lequel les idées reçues circulent le plus. Il n'existe pas de répartition standard applicable à toutes les successions. La présence ou l'absence d'un conjoint survivant, le nombre d'enfants, leur sexe, la survie des parents du défunt, l'existence de frères et de soeurs modifient le calcul. Deux familles voisines aboutissent à des répartitions différentes pour des patrimoines comparables.
Le calcul se fait donc au cas par cas, à partir de la liste définitive des héritiers. C'est précisément pour cette raison que l'établissement de cette liste conditionne tout le reste : une personne ajoutée ou retirée ne change pas seulement sa propre situation, elle modifie la part de tous les autres. Un acte rectifié après coup oblige à reprendre l'ensemble des démarches accomplies entre temps.
Il faut aussi distinguer la part théorique et ce que chaque héritier recevra concrètement. La part porte sur l'ensemble du patrimoine net, une fois les dettes réglées. Un héritier dont la part paraît confortable peut recevoir beaucoup moins que prévu si le passif du défunt était important, ou si un bien indivis doit être vendu dans des conditions défavorables.
Enfin, l'acte de notoriété n'attribue pas tel bien à tel héritier. Il fixe des proportions, pas des lots. La répartition concrète des biens relève du partage, qui vient ensuite, à l'amiable devant notaire ou par voie judiciaire lorsque l'accord est impossible.
Que faire lorsqu'un héritier réside à l'étranger ?
Sa présence physique n'est pas indispensable. Il peut être représenté par un mandataire muni d'une procuration établie devant le consulat de Tunisie de son lieu de résidence, ou dans les formes admises localement puis légalisée.
La situation est extrêmement courante dans les familles tunisiennes, dont une partie vit en Europe ou dans les pays du Golfe. Organiser le déplacement de tous les héritiers pour chaque étape serait irréaliste. La procuration consulaire résout ce problème, à condition d'être rédigée avec précision : une procuration trop vague sera refusée, une procuration trop étroite obligera à en établir une seconde.
Le contenu de la procuration doit couvrir l'ensemble des actes envisagés : faire établir l'acte de notoriété, le faire homologuer, l'enregistrer, mais aussi, si tel est le souhait, déposer une réquisition à la conservation foncière ou signer un partage. Nos équipes préparent le texte en amont et l'adressent à l'héritier concerné, qui n'a plus qu'à se présenter au consulat avec sa pièce d'identité.
Attention aux pièces d'état civil étrangères. Un héritier né hors de Tunisie devra produire un acte de naissance traduit et légalisé, et son nom devra correspondre à celui figurant sur les autres documents du dossier. Les écarts de transcription entre alphabets sont la première cause de blocage dans ces dossiers, et ils se règlent bien plus facilement avant qu'après.
Que se passe t il si un héritier a été omis ?
L'acte est inexact et tout ce qui a été fait sur son fondement devient fragile. L'héritier omis conserve ses droits, qu'il peut faire valoir en justice, y compris contre les tiers qui auraient acquis un bien successoral.
L'omission peut être involontaire. Un enfant né d'une première union, un héritier avec lequel la famille avait perdu contact, un parent éloigné appelé à la succession faute de descendants : ces cas se rencontrent régulièrement. La bonne foi de ceux qui ont déclaré ne les protège pas, elle limite seulement l'exposition à des poursuites pour déclaration mensongère.
Les conséquences pratiques sont lourdes. Les fonds retirés d'un compte bancaire devront être restitués à hauteur de la part de l'héritier omis. Une vente conclue sur la foi de l'acte pourra être remise en cause, ce qui met l'acheteur en difficulté et expose les vendeurs à une action en garantie. Un partage déjà réalisé devra être repris.
La régularisation passe par un acte rectificatif, lorsque tous les héritiers reconnaissent l'erreur, ou par une action en justice lorsque la qualité de l'intéressé est contestée. La première voie est infiniment plus rapide et moins coûteuse, ce qui plaide pour un traitement immédiat dès que l'omission est découverte, plutôt qu'une tentative de temporiser.
Le réflexe le plus utile reste préventif : ne jamais accepter d'écarter quelqu'un du dossier au motif qu'il ne s'est pas manifesté, qu'il vit loin ou qu'il est en conflit avec le reste de la famille. Cette facilité apparente coûte toujours plus cher que le désagrément qu'elle prétend éviter.
À quoi sert l'acte une fois obtenu ?
Il est la clé qui ouvre toutes les démarches successorales. Aucune banque, aucune administration, aucun notaire et aucun service foncier n'accepte d'intervenir sur les biens du défunt sans en avoir reçu copie.
Dans les jours qui suivent un décès, la famille découvre que tout est bloqué : les comptes sont gelés, les loyers ne peuvent plus être encaissés régulièrement, aucune vente n'est envisageable. L'acte de notoriété est ce qui remet le patrimoine en mouvement. C'est la raison pour laquelle il faut l'engager tôt, même lorsque la famille n'a pas encore décidé de ce qu'elle fera des biens.
L'acte sert aussi de base à toutes les procédures ultérieures. Une demande de partage devant le tribunal, une réquisition d'inscription à la conservation de la propriété foncière, une action contre un héritier qui occupe seul un bien commun : chacune de ces démarches suppose de justifier de sa qualité et de sa part, ce que seul cet acte permet.
Il est enfin le document que réclameront les tiers qui traitent avec la famille. Un acheteur sérieux ne signera aucune promesse sans l'avoir lu, et sa banque exigera de vérifier que tous les vendeurs signataires y figurent. Anticiper cette exigence évite de perdre un acquéreur au moment où le dossier semblait abouti.
Les usages les plus fréquents
- Déblocage et clôture des comptes bancaires du défunt
- Perception des capitaux d'assurance et des sommes dues par les employeurs ou les caisses
- Mise à jour du titre foncier auprès de la conservation de la propriété foncière
- Signature d'un acte de partage amiable devant notaire
- Saisine du tribunal en partage ou en licitation
- Régularisation de la situation fiscale du défunt auprès de la recette des finances
L'acte de notoriété a t il une durée de validité ?
Il n'expire pas en lui même, mais il cesse de refléter la réalité dès qu'un événement modifie la liste des héritiers. Un décès survenu depuis, une décision de justice ou la découverte d'un héritier omis imposent de le compléter.
Certaines administrations demandent néanmoins un document récent, non parce que l'acte serait périmé, mais pour s'assurer qu'aucun changement n'est intervenu. Dans les successions anciennes, cette exigence est légitime : quand un acte a été dressé il y a quinze ans, la probabilité qu'un héritier soit décédé depuis est élevée, et sa propre succession doit alors être établie.
C'est la raison pour laquelle il vaut mieux ne pas laisser un dossier successoral en sommeil. Chaque année écoulée sans partage multiplie le nombre d'intervenants, disperse les héritiers, complique la réunion des signatures et fait monter le coût global du règlement. Les dossiers les plus lourds traités par le cabinet sont presque toujours des successions restées ouvertes sur deux ou trois générations.
Conservez plusieurs copies conformes de l'acte homologué, et rangez les avec l'acte de décès, l'extrait du titre foncier et les justificatifs fiscaux. Ce dossier unique, reconstitué une fois pour toutes, fait gagner un temps considérable à chaque démarche et évite de repartir de zéro à la génération suivante.
Obtenir un acte de notoriété, étape par étape
- Retirer l'acte de décès
Tout part de l'acte de décès délivré par la municipalité du lieu du décès. Il faut en demander plusieurs copies dès le départ, car chaque administration en conserve un exemplaire et les demandes ultérieures font perdre du temps. Vérifiez que l'orthographe du nom correspond exactement à celle des autres actes.
- Reconstituer l'état civil de la famille
Réunissez les actes de naissance des enfants, l'acte de mariage du défunt, les actes de décès des parents ou du conjoint prédécédé, et la carte d'identité de chaque héritier. Toute discordance de nom, de date ou de filiation entre deux documents devra être corrigée avant l'établissement de l'acte.
- Dresser la liste complète des héritiers
Cette liste doit inclure tous ceux que la loi appelle à la succession, y compris ceux avec lesquels la famille a coupé les ponts, ceux issus d'une première union et ceux qui vivent à l'étranger. Une omission volontaire ou involontaire fragilise l'ensemble de la succession et se paie plus tard.
- Réunir les témoins
Le notaire recueille la déclaration de personnes qui connaissent la famille et peuvent attester de sa composition. Elles ne doivent pas être héritières et doivent être en mesure de justifier de leur identité. Le choix de témoins réellement informés évite les hésitations et les rectifications ultérieures.
- Faire dresser l'acte par le notaire
Le notaire rédige l'acte, y consigne l'identité du défunt, la date du décès, la liste des héritiers et la part revenant à chacun. Il vérifie la cohérence des pièces et signale les points qui appellent une régularisation préalable, notamment lorsque des actes étrangers sont produits.
- Faire homologuer l'acte par le juge cantonal
L'acte est présenté au tribunal cantonal compétent, qui contrôle la régularité de la déclaration et l'homologue. C'est cette homologation qui transforme une déclaration privée en document opposable aux banques, aux notaires et aux services fonciers.
- Enregistrer et utiliser l'acte
L'acte homologué est présenté à la recette des finances pour la formalité d'enregistrement, puis utilisé pour débloquer les comptes bancaires, déposer une réquisition à la conservation foncière ou engager un partage. Conservez plusieurs copies conformes, chaque démarche en consomme une.
Ce que l'acte de notoriété permet, et ce qu'il ne permet pas
| Démarche | Effet de l'acte de notoriété | Ce qu'il faut en plus |
|---|---|---|
| Débloquer un compte bancaire | Prouve la qualité et la part de chaque héritier | Accord ou signature de tous les héritiers selon la banque |
| Percevoir un capital assurance | Identifie les ayants droit du défunt | Contrat, conditions générales et pièces demandées par l'assureur |
| Mettre à jour un titre foncier | Justifie la mutation par décès à inscrire | Réquisition, quitus fiscal et extrait du titre |
| Vendre un bien successoral | Établit qui doit signer l'acte de vente | Titre mis à jour et accord de tous les indivisaires |
| Engager un partage judiciaire | Fonde la qualité pour agir en justice | Évaluation du bien et pièces sur la composition de la masse |
| Toucher une pension de réversion | Prouve le lien avec le défunt | Dossier propre à la caisse concernée |
| Régler les dettes du défunt | Indique la répartition entre héritiers | Inventaire du passif et justificatifs des créances |
| Écarter un héritier | Ne le permet pas | Décision de justice statuant sur la qualité contestée |
Cas particuliers
Héritier résidant à l'étranger
Il n'a pas besoin de venir en Tunisie. Une procuration consulaire, rédigée avec un objet suffisamment large, permet à un mandataire de le représenter pour l'établissement de l'acte, son homologation et les démarches qui suivent. Ses pièces d'état civil étrangères doivent être traduites et légalisées avant le dépôt du dossier.
Bien non immatriculé dans la succession
Lorsque le patrimoine comprend un terrain ou une maison sans titre foncier, l'acte de notoriété reste indispensable mais ne suffit pas. La preuve de la propriété repose alors sur des actes anciens, des attestations et parfois une procédure d'immatriculation devant le Tribunal immobilier, qu'il vaut mieux engager sans attendre.
Héritier mineur ou placé sous protection
Sa part est constatée dans l'acte au même titre que celle des autres, mais il est représenté par son tuteur légal. Les actes qui dépassent la simple administration de ses biens, un partage ou une vente notamment, supposent des autorisations spécifiques, faute de quoi ils pourront être remis en cause.
Décès ancien resté sans règlement
Il faut reconstituer la chaîne complète des successions ouvertes depuis, avec un acte de décès et un acte de notoriété pour chaque génération. Le travail est long, mais il est le seul moyen de rendre le patrimoine à nouveau cessible. Le repousser transmet le problème aggravé aux enfants.
Un acte de notoriété incomplet est une bombe à retardement : il permet de faire vite, puis oblige à tout défaire. Nos équipes préfèrent perdre trois semaines à vérifier l'état civil plutôt que trois ans à réparer une omission.
Les erreurs qui coûtent cher
Écarter volontairement un héritier de la déclaration
L'acte est inexact, les opérations réalisées sur son fondement sont fragilisées et les déclarants s'exposent à des poursuites.
Négliger les discordances d'orthographe entre les actes d'état civil
Les administrations refusent le dossier des mois plus tard, au moment précis où la famille a besoin d'aller vite.
Attendre plusieurs années avant d'engager la démarche
De nouveaux décès surviennent, le nombre d'héritiers augmente et le règlement de la succession devient nettement plus lourd.
Choisir des témoins qui ne connaissent pas réellement la famille
La déclaration perd sa force et l'acte devient contestable par quiconque a intérêt à le remettre en cause.
Confondre l'acte de notoriété avec un titre de propriété
La famille croit pouvoir vendre alors que le titre foncier n'a pas été mis à jour, et la vente échoue au dernier moment.
Questions fréquentes
Combien de temps faut il pour obtenir un acte de notoriété ?
Cela dépend presque entièrement de la qualité du dossier d'état civil. Quand toutes les pièces sont réunies et cohérentes, la rédaction et l'homologation s'enchaînent rapidement. Lorsqu'il faut rectifier un acte ancien ou faire venir des documents de l'étranger, le délai se compte en semaines, parfois davantage.
Un seul héritier peut il faire établir l'acte ?
Oui. Chacun peut engager la démarche seul, sans attendre l'accord des autres. Il doit en revanche déclarer l'intégralité des héritiers, y compris ceux avec lesquels il est en conflit. L'initiative individuelle est souvent ce qui débloque une succession restée immobile pendant des années.
Faut il un avocat pour cette démarche ?
L'établissement de l'acte relève du notaire. L'intervention d'un avocat devient utile lorsque la composition de la famille est discutée, lorsque des actes étrangers doivent être régularisés, lorsqu'un héritier vit hors de Tunisie ou lorsque la succession comprend des biens dont la situation foncière est incertaine.
L'acte de notoriété permet il de vendre un bien immédiatement ?
Non. Il établit qui sont les héritiers, mais la vente d'un immeuble suppose en plus que le titre foncier ait été mis à jour au nom des héritiers et que tous les indivisaires signent. C'est l'un des malentendus les plus fréquents et l'une des principales causes de ventes annulées.
Que faire si un héritier refuse de signer quoi que ce soit ?
Son refus n'empêche pas l'établissement de l'acte de notoriété, qui ne requiert pas la signature de tous. Il bloquera en revanche les opérations ultérieures qui exigent l'unanimité, comme une vente amiable. Le partage judiciaire est alors la voie qui permet de sortir de l'immobilisme.
Un acte établi à l'étranger est il valable en Tunisie ?
Un document étranger n'a pas d'effet automatique. Il doit être traduit, légalisé et présenté dans les formes admises, et il ne se substitue pas à l'acte tunisien lorsque des biens situés en Tunisie sont concernés. Nos équipes vérifient au cas par cas ce qui peut être réutilisé.
Peut on corriger un acte de notoriété erroné ?
Oui. Lorsque tous les héritiers reconnaissent l'erreur, un acte rectificatif suffit. Lorsque la qualité d'une personne est contestée, il faut saisir le tribunal. Plus la rectification intervient tôt, moins elle a de conséquences sur les opérations déjà réalisées, notamment bancaires et foncières.
Combien coûte un acte de notoriété ?
Le coût combine les honoraires du notaire, les frais de justice liés à l'homologation et les droits perçus lors de l'enregistrement. Il varie selon la composition du dossier et selon les rectifications d'état civil nécessaires. Nos équipes communiquent une estimation après examen des pièces disponibles.
Sources et vérification
- Code du statut personnel tunisien, dévolution successorale
- Code de procédure civile et commerciale, compétence du tribunal cantonal
- Code des droits d'enregistrement et de timbre, formalité d'enregistrement
- Pratique du cabinet auprès des notaires et des tribunaux cantonaux de Tunis
Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 18 août 2026 par Maître Amine Messaadi.
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Ce sujet relève de notre pratique en testaments et successions. Le dossier complet se trouve dans le guide successions et testaments.