Blog Pénal et procédure

Casier judiciaire en Tunisie : contenu, extrait et réhabilitation

Le casier judiciaire est le registre national qui conserve la trace des condamnations pénales définitives. Un extrait peut être demandé par la personne concernée pour ses démarches administratives ou professionnelles. Une mention inexacte se fait corriger et certaines mentions peuvent disparaître par l'effet de la réhabilitation.

Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 19 août 2026, vérifié le 19 août 2026. 14 min de lecture

À retenir

  • Le casier judiciaire enregistre les condamnations devenues définitives.
  • L'extrait est délivré à la personne concernée sur demande justifiée.
  • Toutes les mentions ne figurent pas sur l'extrait remis à l'intéressé.
  • Une mention inexacte se fait rectifier par une demande écrite documentée.
  • La réhabilitation permet d'effacer certaines mentions du registre.

Sur quels textes cela repose

Textes régissant le casier judiciaire en Tunisie
Ils déterminent la nature du registre, les décisions qui y sont inscrites, les autorités qui le tiennent, les catégories de bulletins et leurs destinataires, les conditions de délivrance d'un extrait à la personne concernée et les modalités de rectification des mentions.
Code de procédure pénale tunisien
Il organise le caractère définitif des décisions pénales, condition de leur inscription au registre, ainsi que les voies de recours dont l'exercice suspend ce caractère définitif. Il encadre également la procédure de réhabilitation judiciaire et la juridiction compétente pour en connaître.
Code pénal tunisien
Il définit les infractions et les catégories de sanctions. La nature de la condamnation prononcée détermine la manière dont elle apparaît au registre, sa durée de conservation et les conditions dans lesquelles une réhabilitation peut être envisagée.

Qu'est ce que le casier judiciaire et que contient il exactement ?

Le casier judiciaire est un registre national qui conserve la trace des condamnations pénales devenues définitives. Il ne recense ni les plaintes, ni les enquêtes sans suite, ni les décisions encore susceptibles de recours.

La première idée fausse à écarter est celle d'un fichier qui enregistrerait tout contact avec la justice ou la police. Un dépôt de plainte contre une personne ne laisse aucune trace au casier judiciaire. Une enquête classée sans poursuite non plus. Une audition dans un poste de police ne produit aucune inscription. Le registre conserve les décisions de condamnation rendues par les juridictions pénales, lorsqu'elles sont devenues définitives. Le caractère définitif est la condition centrale de l'inscription. Tant qu'un recours est ouvert et exercé, la décision n'est pas définitive.

Cette précision a une portée pratique immédiate pour une personne qui a fait appel et qui doit produire un extrait pour un emploi : la preuve du recours en cours est la pièce qui permet de faire rectifier une mention prématurée, à condition de l'obtenir auprès du greffe de la juridiction concernée. Le registre distingue plusieurs catégories de bulletins, qui n'ont pas le même contenu ni les mêmes destinataires. Le document remis à la personne concernée pour ses démarches administratives et professionnelles ne comporte pas nécessairement toutes les mentions figurant au registre.

Cette différence explique qu'une personne puisse recevoir un extrait vierge alors que le registre conserve une mention destinée aux seules autorités judiciaires. Il faut enfin comprendre que le registre est alimenté par les juridictions. Les inscriptions dépendent donc de transmissions administratives, et ces transmissions peuvent comporter des erreurs, des retards ou des confusions d'identité. Le cabinet rencontre régulièrement des dossiers où l'unique problème tenait à une transmission mal renseignée, corrigée ensuite sur production des pièces du greffe.

Comment obtenir un extrait de casier judiciaire ?

La personne concernée en fait la demande auprès du service compétent, en justifiant de son identité par les pièces d'état civil. La démarche peut être accomplie en personne, par un mandataire, ou par la voie dématérialisée lorsqu'elle est ouverte.

La demande repose entièrement sur l'exactitude des éléments d'identité. Nom, prénoms complets, filiation, date et lieu de naissance : ces éléments servent à interroger le registre. Une transcription différente entre la carte d'identité et l'acte de naissance suffit à produire un document inexploitable ou, plus grave, à faire ressortir la situation d'une autre personne. Vérifier la cohérence des pièces avant de déposer la demande évite des semaines de démarches. L'usage prévu du document doit être identifié avant la demande.

Un employeur, une administration, une autorité professionnelle ou un consulat étranger n'exigent pas toujours la même pièce, ni la même forme. Certains dossiers requièrent une légalisation, d'autres une traduction, d'autres encore un document récent dont l'ancienneté est appréciée par le destinataire. Solliciter la pièce adaptée dès le départ est plus économique que corriger ensuite. Le récépissé ou l'accusé de dépôt doit être conservé. Il permet de suivre le traitement, de justifier auprès d'un employeur que la démarche est en cours et d'établir la date à laquelle elle a été engagée.

Nos équipes recommandent également de conserver une copie de chaque extrait obtenu, avec sa date : cet historique s'avère précieux lorsqu'une mention apparaît ou disparaît d'une délivrance à l'autre. Lorsque la personne concernée ne peut pas se déplacer, la démarche par mandataire est possible selon les modalités en vigueur. Cette voie concerne notamment les personnes hospitalisées, détenues ou résidant hors du territoire. Le mandat doit être établi avec précision et accompagné des pièces d'identité, faute de quoi la demande est écartée pour un motif purement formel, sans examen du fond.

Pièces à préparer avant la demande

  • Carte d'identité nationale ou passeport en cours de validité
  • Copie récente de l'acte de naissance
  • Indication précise des nom et prénoms tels qu'ils figurent à l'état civil
  • Nom et prénoms des parents pour lever toute homonymie
  • Mandat écrit lorsque la démarche est confiée à un tiers
  • Courrier ou formulaire du destinataire précisant la pièce exigée

Une mention inexacte peut elle être corrigée ?

Oui. Une demande écrite de rectification, adressée à l'autorité compétente et accompagnée des pièces justificatives, permet de faire corriger une mention erronée, prématurée ou attribuée par erreur à une autre personne.

Les erreurs rencontrées se ramènent à quelques situations. L'homonymie est la plus fréquente : une personne se voit attribuer la condamnation d'un autre portant les mêmes nom et prénoms. Vient ensuite l'inscription prématurée d'une décision qui n'est pas définitive parce qu'un recours a été exercé. On rencontre également le maintien d'une mention alors qu'une amnistie ou une réhabilitation devait produire son effacement, ou une erreur sur la nature de la décision. La contestation ne repose jamais sur une simple affirmation.

Elle suppose de produire les pièces qui établissent la réalité : copie de la décision rendue, attestation du greffe sur l'exercice d'un recours, décision de relaxe, décision de réhabilitation, texte d'amnistie applicable, pièces d'état civil complètes permettant de lever l'homonymie. Ces documents s'obtiennent auprès des greffes des juridictions concernées, ce qui prend du temps et justifie d'anticiper. La demande se fait par écrit et se dépose contre récépissé. Une démarche orale au guichet peut aboutir, mais elle ne laisse aucune trace, ne permet pas de suivre le traitement et n'ouvre aucune possibilité de contestation en cas d'inaction.

La forme écrite n'est pas une lourdeur inutile : elle fixe la date de la demande, son objet et les pièces jointes, ce qui structure tout le dossier. Le cabinet intervient régulièrement dans ces dossiers, notamment lorsqu'une embauche ou un dossier de titre de séjour dépend de la correction. La démarche consiste alors à reconstituer le parcours judiciaire réel de la personne, décision par décision, puis à demander la rectification sur la base de ce dossier documenté. Cette reconstitution est le travail principal, la rédaction de la demande n'en est que l'aboutissement.

Pièces qui soutiennent une demande de rectification

  • Copie complète de la décision invoquée
  • Attestation du greffe sur l'exercice d'un recours en cours
  • Décision de relaxe, d'acquittement ou de non lieu
  • Décision de réhabilitation lorsqu'elle a été obtenue
  • Texte d'amnistie applicable et attestation correspondante
  • Acte de naissance et pièces d'état civil complètes
  • Extrait contesté, dans sa version délivrée et datée

Qu'est ce que la réhabilitation et à quoi sert elle ?

La réhabilitation est le mécanisme par lequel les effets d'une condamnation cessent pour l'avenir et la mention correspondante disparaît du registre dans les conditions prévues par les textes. Elle peut résulter de l'écoulement du temps ou d'une décision de justice.

La réhabilitation répond à une idée simple : une condamnation exécutée ne doit pas peser indéfiniment sur la vie d'une personne. Son effet est tourné vers l'avenir. Elle ne remet pas en cause la décision rendue, elle ne rejuge rien, elle fait cesser les incapacités et conséquences attachées à la condamnation et permet l'effacement de la mention au registre selon les modalités prévues par les textes applicables. Deux voies coexistent. La première résulte de l'écoulement du temps et de l'exécution des obligations attachées à la condamnation, sans que la personne ait à engager une procédure.

La seconde suppose une demande présentée à la juridiction compétente, qui apprécie la situation de l'intéressé. Savoir laquelle s'applique à un dossier donné est la première question à trancher, car elle détermine si une procédure est nécessaire ou non. L'intérêt pratique est considérable. Un extrait de casier judiciaire est demandé pour de nombreuses démarches : recrutement dans certains secteurs, exercice d'une activité réglementée, participation à un marché, demande de visa ou de titre de séjour, inscription à un concours.

Une mention ancienne qui subsiste peut fermer des portes bien après que la condamnation a été exécutée, alors qu'une réhabilitation aurait pu être obtenue. Il faut cependant se garder d'annoncer un résultat. La réhabilitation judiciaire suppose une appréciation par une juridiction, sur la base d'un dossier. Ce que nos équipes peuvent faire, c'est vérifier si les conditions légales paraissent réunies, réunir les justificatifs d'exécution et de conduite, et présenter la demande de manière complète. Personne ne peut promettre l'issue d'une procédure qui repose sur une appréciation judiciaire.

Comment se prépare une demande de réhabilitation judiciaire ?

Elle se prépare en réunissant les pièces qui établissent l'exécution des obligations résultant de la condamnation et la conduite de l'intéressé depuis. La requête est présentée à la juridiction compétente avec ce dossier complet.

Le premier travail consiste à reconstituer la condamnation dans son intégralité : décision rendue, juridiction, date, nature de la sanction, obligations qui en résultaient et pièces annexées à cette décision. Ces éléments s'obtiennent auprès du greffe de la juridiction qui a statué. Sans cette base documentaire, la demande ne peut pas être construite, car la juridiction saisie doit savoir exactement de quelle condamnation il s'agit et ce qu'elle comportait. Le deuxième volet porte sur l'exécution.

Il s'agit de démontrer que ce que la décision imposait a été accompli : justificatifs de paiement lorsque des sommes étaient dues, attestations relatives à l'exécution de la sanction, quittances, preuve de l'indemnisation de la partie civile lorsqu'elle avait été ordonnée. Ce volet est souvent le plus long à réunir, particulièrement lorsque la condamnation est ancienne et que les pièces ont été perdues. Le troisième volet concerne la situation actuelle de la personne. Attestations d'emploi, contrats, bulletins de paie, justificatif de résidence stable, situation familiale, attestations d'employeurs ou de responsables associatifs, absence de nouvelle condamnation.

Ce dossier montre un parcours et il donne à la demande une consistance que la seule ancienneté de la condamnation ne suffirait pas à lui donner. La requête elle même reste sobre. Elle identifie la condamnation, expose que les conditions légales sont réunies, renvoie aux pièces annexées par un bordereau et sollicite la réhabilitation. C'est le dossier qui convainc, non la longueur du texte. Le cabinet consacre l'essentiel de son travail à la collecte et à l'organisation des pièces, car une requête bien rédigée sur un dossier incomplet n'aboutit pas.

Éléments qui composent le dossier de réhabilitation

  • Copie complète de la décision de condamnation et attestation du greffe
  • Justificatifs de l'exécution des obligations résultant de la décision
  • Preuve de l'indemnisation de la partie civile lorsqu'elle avait été ordonnée
  • Extrait de casier judiciaire récent
  • Attestation d'emploi, contrat de travail et bulletins de paie
  • Justificatif de résidence et pièces relatives à la situation familiale
  • Attestations circonstanciées émanant de personnes identifiables

Un employeur peut il exiger un extrait de casier judiciaire ?

Certaines fonctions et activités réglementées supposent la production d'un extrait. En dehors de ces cas, la demande doit rester en rapport avec l'emploi concerné. Le document remis à la personne concernée ne comporte pas nécessairement toutes les mentions du registre.

La demande d'un extrait par un employeur est une pratique répandue, mais elle n'est pas indifférente. Elle se justifie dans les activités où la loi ou la réglementation l'exige, notamment lorsque la fonction implique la manipulation de fonds, la sécurité, l'encadrement de personnes vulnérables ou l'exercice d'une profession réglementée. Dans les autres situations, la demande doit conserver un rapport avec le poste concerné. Le point que beaucoup de candidats ignorent est que le document qui leur est remis ne reproduit pas nécessairement l'intégralité du registre.

Cette distinction entre les bulletins et leurs destinataires est précisément conçue pour éviter qu'une mention ancienne ou d'une portée limitée ne compromette durablement l'accès à l'emploi. Un candidat qui redoute le contenu de son extrait gagne à le demander pour lui même avant d'engager une candidature. Lorsqu'une mention subsiste et qu'elle constitue un obstacle réel, deux voies existent et elles ne s'excluent pas. La première consiste à vérifier l'exactitude de la mention et à demander sa rectification si elle est erronée ou prématurée.

La seconde consiste à examiner si une réhabilitation peut être obtenue. Ces deux démarches se préparent avant que le dossier de candidature ne soit déposé, non après un refus. Il faut enfin déconseiller fermement toute présentation inexacte du document ou toute déclaration mensongère sur son contenu. Outre le risque juridique, cette voie détruit la confiance et se découvre presque toujours. La démarche utile est inverse : obtenir un extrait à jour, en vérifier chaque ligne, corriger ce qui doit l'être et, lorsque la situation le justifie, expliquer le parcours accompli depuis.

Combien de temps une mention reste elle au registre ?

La durée de conservation dépend de la nature de la condamnation et des textes applicables. Elle n'est pas identique pour toutes les décisions. Une mention peut également disparaître avant ce terme par l'effet d'une réhabilitation ou d'une mesure d'amnistie.

Aucune durée unique ne s'applique à toutes les mentions. Le régime dépend de la nature de la décision et des textes qui régissent le registre. Annoncer un chiffre général serait inexact et potentiellement dommageable, car une personne pourrait renoncer à une démarche en croyant que le temps réglera sa situation. La bonne méthode consiste à examiner la décision précise et à déterminer le régime qui lui est applicable. Le temps n'est d'ailleurs pas le seul facteur.

Une mesure d'amnistie peut affecter les conséquences d'une condamnation, dans les limites fixées par le texte qui l'institue. Une réhabilitation, qu'elle résulte de l'écoulement du temps ou d'une décision de justice, produit l'effacement dans les conditions prévues. Ces mécanismes se cumulent parfois, et une personne peut ignorer qu'un texte a déjà modifié sa situation. En pratique, la première démarche utile est toujours d'obtenir un extrait actualisé. Beaucoup de personnes raisonnent sur un souvenir ancien ou sur ce qu'un tiers leur a dit, alors que le registre a évolué.

Il arrive que l'extrait obtenu ne comporte pas la mention redoutée, ce qui met fin à l'inquiétude sans aucune procédure. Il arrive aussi qu'il comporte une mention inexacte, ce qui ouvre une demande de rectification. Lorsqu'une mention subsiste régulièrement et que la réhabilitation n'est pas encore ouverte, il reste possible de préparer le dossier à l'avance. Réunir les justificatifs d'exécution pendant qu'ils sont accessibles, conserver les attestations d'emploi, documenter la stabilité de la situation : ce travail anticipé évite de rechercher des pièces devenues introuvables lorsque la demande sera possible.

Comment procéder lorsque l'on vit hors de Tunisie ?

La demande peut être présentée par un mandataire ou par la voie dématérialisée lorsqu'elle est ouverte, et les représentations consulaires peuvent orienter la démarche. Les exigences de traduction et de légalisation du pays destinataire doivent être vérifiées à l'avance.

Une personne installée à l'étranger a fréquemment besoin d'un extrait pour un dossier de titre de séjour, de naturalisation, d'emploi ou d'inscription professionnelle. La difficulté n'est pas juridique mais logistique : identifier la voie de dépôt praticable à distance, réunir les pièces d'état civil, respecter le formalisme du pays destinataire. Anticiper ces contraintes évite de découvrir un obstacle alors que le dossier est déjà en cours. Le recours à un mandataire en Tunisie est la solution la plus courante.

Le mandat doit être établi avec précision, désigner nommément la personne habilitée et être accompagné des pièces d'identité requises. Un mandat imprécis est écarté pour un motif de forme, sans examen du fond, ce qui fait perdre plusieurs semaines. Le cabinet établit ces mandats et accomplit la démarche pour ses clients établis hors du territoire. Les exigences du pays destinataire doivent être vérifiées avant la demande. Traduction par un traducteur agréé, légalisation, apostille, ancienneté maximale du document : ces conditions varient et un extrait parfaitement régulier peut être refusé pour un motif purement formel.

Cette vérification préalable se fait auprès de l'autorité qui exige la pièce, et non par supposition. Nos équipes accompagnent les familles installées hors de Tunisie et organisent la communication par écrit et par visioconférence, en tenant compte du décalage horaire. Lorsque l'urgence le justifie, notre équipe répond 24 heures sur 24. Pour ces dossiers, la difficulté principale reste la collecte des pièces auprès des greffes, qui suppose une présence sur place et une connaissance des services concernés.

Obtenir un extrait, le vérifier et agir sur son contenu

  1. Identifier le besoin exact et le destinataire du document

    Un employeur, une administration, un consulat ou une autorité professionnelle ne demandent pas toujours le même document. Préciser l'usage évite de solliciter une pièce inadaptée qui sera refusée. Le cabinet vérifie ce qui est réellement exigé avant d'engager la démarche, surtout pour un dossier destiné à l'étranger.

    Avant d'engager la demande Courrier ou formulaire indiquant la pièce exigée

  2. Réunir les éléments d'état civil

    L'identification repose sur les nom et prénoms complets, la filiation, la date et le lieu de naissance. Une erreur sur l'un de ces éléments produit un extrait inexploitable ou attribué à une autre personne. Les pièces d'état civil doivent être cohérentes entre elles, y compris dans leur transcription.

    Carte d'identité nationale ou passeport et acte de naissance

  3. Déposer la demande d'extrait

    La demande est présentée auprès du service compétent, selon les modalités en vigueur, en personne, par mandataire ou par la voie dématérialisée lorsqu'elle est ouverte. Le récépissé ou l'accusé de dépôt doit être conservé, car il permet de suivre le dossier et de justifier de la date de la démarche.

    Formulaire de demande et justificatifs d'identité

  4. Vérifier attentivement le document délivré

    Contrôlez l'identité, la filiation, le lieu de naissance et chaque mention portée. Une confusion d'homonymie, une décision frappée d'appel inscrite comme définitive ou une décision déjà effacée sont des situations rencontrées. Cette vérification se fait dès la remise, non au moment de déposer un dossier professionnel.

    Dès la remise du document

  5. Rassembler les pièces d'une demande de rectification

    Une contestation ne se soutient qu'avec des pièces : copie de la décision invoquée, certificat de non recours ou preuve de l'exercice d'un recours, pièces d'état civil, décision d'amnistie ou de réhabilitation le cas échéant. Ces documents s'obtiennent auprès des greffes des juridictions concernées.

    Copie des décisions et attestations de greffe

  6. Présenter la demande de rectification

    La demande est écrite, adressée à l'autorité compétente, expose la mention contestée et joint les justificatifs avec un bordereau. Elle se dépose contre récépissé. Une démarche orale au guichet ne laisse aucune trace et ne permet pas de suivre le traitement du dossier.

    Sans attendre, dès la constatation de l'erreur Demande écrite motivée et bordereau de pièces

  7. Engager une demande de réhabilitation lorsque les conditions sont réunies

    La réhabilitation judiciaire se demande à la juridiction compétente, avec un dossier qui établit l'exécution des obligations résultant de la condamnation et la conduite de l'intéressé depuis. La préparation de ce dossier est le cœur de la démarche, bien davantage que la rédaction de la requête.

    Lorsque les conditions légales sont réunies Justificatifs d'exécution, attestations d'emploi et de résidence

Ce qui figure ou ne figure pas au registre

SituationInscription au registreCe qu'il faut vérifier
Condamnation pénale devenue définitiveInscriteQue la décision est bien définitive et correctement identifiée
Décision frappée d'appel ou de pourvoiNe devrait pas apparaître comme définitiveProduire la preuve de l'exercice du recours en cours
Décision de relaxe ou d'acquittementNon inscrite comme condamnationFaire rectifier toute mention qui contredirait la décision rendue
Décision de non lieu rendue par le magistrat instructeurNon inscrite comme condamnationConserver la décision et sa notification pour toute vérification
Simple dépôt de plainte ou enquête sans suiteNon inscritAucune mention ne doit en résulter au registre
Condamnation couverte par une mesure d'amnistieEffet déterminé par le texte d'amnistieProduire le texte applicable et l'attestation correspondante
Condamnation ayant fait l'objet d'une réhabilitationEffacée dans les conditions prévues par les textesDemander un extrait actualisé après la décision de réhabilitation
Homonymie avec une autre personneRisque d'attribution erronéeComparer la filiation, la date et le lieu de naissance ligne par ligne

Cas particuliers

Personne mineure au moment des faits

La situation des mineurs relève d'un régime distinct, orienté vers la protection et l'insertion. Les décisions rendues à leur égard n'ont pas la même portée que celles concernant des majeurs et leur traitement au registre suit des règles propres. Le cabinet vérifie systématiquement l'âge à la date des faits, car une mention portée sans tenir compte de la minorité doit être discutée.

Famille résidant à l'étranger

Lorsque la personne concernée et ses proches vivent hors de Tunisie, la démarche se conduit par mandataire ou par la voie dématérialisée lorsqu'elle est ouverte. Les pièces d'état civil doivent être réunies en amont et les exigences de traduction et de légalisation du pays destinataire vérifiées avant le dépôt, faute de quoi le document obtenu sera refusé pour un motif de forme.

Homonymie avec une autre personne condamnée

L'homonymie est la cause d'erreur la plus fréquente. Elle se lève en produisant les éléments qui distinguent les deux personnes : filiation complète, date et lieu de naissance, numéro de la pièce d'identité. La demande de rectification doit exposer précisément la comparaison et joindre l'acte de naissance, sans se limiter à contester la mention.

Décision rendue en l'absence de la personne concernée

Une personne peut découvrir l'existence d'une condamnation en consultant son extrait, sans avoir jamais été informée de la procédure. Cette situation appelle une vérification immédiate auprès du greffe : nature de la décision, modalités de notification, voies de recours encore ouvertes. Nos équipes examinent en priorité si une contestation demeure possible avant d'envisager une réhabilitation.

La première chose à faire n'est pas de redouter le contenu de son casier judiciaire, c'est de le lire. Un extrait à jour révèle souvent une erreur corrigeable ou une mention déjà effacée.
Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis

Les erreurs qui coûtent cher

Déposer un dossier professionnel sans avoir lu son propre extrait

Une mention inexacte ou prématurée est découverte par le destinataire avant que la personne concernée ait pu la faire rectifier.

Contester une mention oralement au guichet sans demande écrite

Aucune trace de la démarche ne subsiste, le traitement ne peut pas être suivi et l'inaction ne peut pas être contestée.

Croire qu'un dépôt de plainte ou une enquête laisse une trace au registre

La personne renonce à des candidatures ou à des démarches administratives sans aucune raison réelle.

Attendre plusieurs années avant de réunir les justificatifs d'exécution

Les pièces deviennent introuvables et la demande de réhabilitation ne peut plus être documentée correctement.

Présenter un document modifié ou une déclaration inexacte à un employeur

La démarche est découverte, la confiance est détruite et la situation juridique de la personne se dégrade sérieusement.

Questions fréquentes

Un dépôt de plainte contre moi apparaît il sur mon casier judiciaire ?

Non. Le registre conserve les condamnations pénales devenues définitives. Une plainte, une audition ou une enquête classée sans poursuite ne donnent lieu à aucune inscription. Cette confusion est fréquente et elle conduit des personnes à renoncer inutilement à des candidatures.

Une décision frappée d'appel figure t elle au registre ?

Une décision n'est inscrite comme définitive que lorsqu'elle l'est réellement. Si un recours a été exercé, la preuve délivrée par le greffe de la juridiction concernée permet de demander la rectification d'une mention prématurée. Cette attestation est la pièce essentielle du dossier.

Qui peut demander mon extrait de casier judiciaire ?

La personne concernée peut en demander la délivrance, en personne ou par mandataire. Les autorités judiciaires et certaines autorités administratives accèdent au registre dans le cadre de leurs missions. Le document remis à la personne concernée ne reproduit pas nécessairement toutes les mentions du registre.

Combien de temps une condamnation reste elle inscrite ?

La durée dépend de la nature de la condamnation et des textes applicables, elle n'est pas uniforme. Une mention peut aussi disparaître avant ce terme par l'effet d'une réhabilitation ou d'une mesure d'amnistie. La méthode consiste à examiner la décision précise plutôt qu'à raisonner par généralité.

La réhabilitation efface t elle la condamnation elle même ?

Elle ne rejuge rien et ne remet pas en cause la décision rendue. Elle fait cesser pour l'avenir les conséquences attachées à la condamnation et permet l'effacement de la mention au registre dans les conditions prévues par les textes applicables.

Faut il un avocat pour demander un extrait ?

Non, la demande d'extrait est une démarche administrative que la personne concernée peut accomplir seule. L'intervention d'un avocat devient utile lorsqu'une mention doit être rectifiée, lorsqu'une réhabilitation est envisagée ou lorsque le dossier concerne une personne établie hors de Tunisie.

Que faire si je découvre une condamnation dont j'ignorais l'existence ?

Adressez vous sans attendre au greffe de la juridiction pour obtenir la décision et vérifier ses modalités de notification. La première question est de savoir si une voie de recours reste ouverte. Nos équipes examinent ce point en priorité, car il commande toute la suite.

Le cabinet accompagne t il ces démarches à distance ?

Oui. Nous établissons les mandats nécessaires, accomplissons les démarches auprès des greffes et des services compétents et transmettons les pièces obtenues. Nos équipes répondent 24 heures sur 24 lorsque l'urgence le justifie, notamment lorsqu'un délai de dossier administratif approche.

Sources et vérification

  • Textes régissant le casier judiciaire en Tunisie
  • Code de procédure pénale tunisien, caractère définitif des décisions et réhabilitation
  • Code pénal tunisien, catégories de sanctions
  • Pratique du cabinet en rectification des mentions et demandes de réhabilitation

Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 19 août 2026 par Maître Amine Messaadi.

À lire ensuite

Ce sujet relève de notre pratique en pénal. Le dossier complet se trouve dans le guide pénal et procédure.

Première étape

Votre situation ressemble à ce cas ?

Décrivez la en quatre questions. Le cabinet vérifie les délais qui vous concernent et vous répond en quelques heures.

Démarrer ma demande Appeler le cabinet

Vos échanges sont couverts par le secret professionnel.

Une urgence, à toute heure ?

Appeler WhatsApp Ma demande