Congés payés et repos en Tunisie : ce que le salarié peut exiger
Le congé annuel payé est un droit acquis par le travail, non une faveur de l'employeur. Sa durée et ses conditions dépendent du Code du travail tunisien et de la convention collective applicable au secteur. L'employeur organise les départs, mais il ne peut ni supprimer le droit ni remplacer le repos par une somme d'argent pendant la relation de travail.
Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 19 août 2026, vérifié le 19 août 2026. 13 min de lecture
À retenir
- Le congé annuel payé s'acquiert par le travail et ne se perd pas parce que l'employeur ne l'a pas organisé.
- La durée du congé dépend du Code du travail tunisien et de la convention collective du secteur, elle se vérifie au cas par cas.
- L'employeur fixe les dates dans le cadre applicable, mais un refus systématique et non motivé devient contestable.
- Les congés non pris à la fin du contrat donnent lieu à une indemnité compensatrice, quel que soit le mode de rupture.
- Le repos hebdomadaire et les jours fériés obéissent à des règles distinctes de celles du congé annuel.
Sur quels textes cela repose
- Code du travail tunisien
- Il consacre le droit au congé annuel payé, fixe les conditions de son acquisition et de sa prise, encadre le repos hebdomadaire et le repos quotidien, et détermine le sort des congés non pris lorsque la relation de travail prend fin.
- Conventions collectives sectorielles
- Elles précisent la durée du congé selon la catégorie professionnelle et l'ancienneté, les modalités de dépôt des demandes, l'ordre des départs, les possibilités de fractionnement et parfois des congés spéciaux plus favorables que le socle légal.
- Législation tunisienne de sécurité sociale
- Elle régit l'articulation entre le congé annuel et les périodes indemnisées au titre de la maladie, de la maternité ou d'un accident du travail, ainsi que les obligations déclaratives de l'employeur pendant ces périodes.
Le congé annuel payé est il un droit ou une faveur de l'employeur ?
C'est un droit consacré par le Code du travail tunisien, acquis par le travail accompli. L'employeur organise les départs selon les nécessités du service et le cadre conventionnel, mais il ne peut ni supprimer ce droit, ni le subordonner à la satisfaction du salarié dans son emploi.
La confusion est répandue dans les entreprises où la culture du présentéisme est forte. Le congé y est présenté comme une récompense, accordée à ceux qui ne posent pas de difficultés et refusée à ceux qui réclament. Cette lecture est juridiquement fausse. Le congé annuel se constitue mécaniquement au fil du travail accompli, indépendamment de l'appréciation portée sur le salarié, de son rendement ou de l'ambiance de son service. Il ne se mérite pas, il s'acquiert.
La conséquence pratique est importante. Le salarié qui n'a pas pris de congé pendant plusieurs périodes ne perd pas nécessairement ses droits du seul fait de son silence. Le cabinet examine dans ces situations si l'employeur a réellement mis le salarié en mesure de prendre son repos : affichage d'un calendrier de départs, invitation écrite à déposer une demande, organisation d'un remplacement. Une entreprise qui n'a jamais rien organisé se trouve mal placée pour reprocher au salarié de ne pas avoir demandé.
Il reste que le droit au congé n'est pas un droit à partir quand on veut. L'employeur conserve la maîtrise de l'organisation du service, dans les limites fixées par la convention collective applicable. Le débat porte donc rarement sur l'existence du droit et presque toujours sur son exercice : les dates, l'ordre des départs, la durée réellement accordée et la manière dont les refus sont motivés. C'est sur ce terrain que le salarié doit construire ses écrits.
Qui fixe les dates du congé annuel et selon quel ordre ?
L'employeur arrête les dates en tenant compte des nécessités du service, de l'ancienneté et de la situation familiale des salariés, dans le cadre tracé par la convention collective applicable. L'ordre des départs doit être connu à l'avance et appliqué sans favoritisme.
Dans les entreprises organisées, un calendrier des départs est établi et affiché, ce qui limite considérablement les conflits. Chacun sait quand il peut partir, quelles périodes sont fermées et comment les demandes concurrentes sont arbitrées. Là où rien n'est prévu, les congés se négocient au cas par cas, souvent au bénéfice des salariés les plus proches de la direction. Le salarié qui subit cette situation gagne à demander par écrit la communication des règles internes appliquées.
Les critères d'arbitrage entre demandes concurrentes ne relèvent pas de l'arbitraire. L'ancienneté, les charges de famille, la situation d'un conjoint travaillant dans une autre entreprise, la rotation entre les salariés d'une même équipe figurent parmi les éléments habituellement pris en compte, et plusieurs conventions collectives sectorielles les énoncent expressément. Le salarié qui constate qu'un collègue obtient chaque année la même période privilégiée peut utilement rappeler ces critères par écrit. Cette démarche, formulée sans agressivité, oblige la direction à expliquer son arbitrage.
Certaines entreprises pratiquent la fermeture collective, l'ensemble du personnel prenant son congé au même moment. Cette organisation est possible mais elle doit être annoncée dans un délai permettant à chacun de s'organiser, et elle ne peut servir à absorber des droits supérieurs à la durée de fermeture. Le salarié dont les droits excèdent la période de fermeture conserve le reliquat, qui doit apparaître dans les documents de l'entreprise et non disparaître silencieusement.
Ce que le salarié peut demander par écrit
- Le calendrier des départs et les périodes de fermeture prévues
- Les critères appliqués pour arbitrer les demandes concurrentes
- Le relevé de ses droits acquis et de ses congés déjà pris
- Les motifs précis d'un refus opposé à une demande déposée dans les formes
- La confirmation écrite d'un accord donné oralement par un responsable
L'employeur peut il refuser, reporter ou fractionner un congé déjà accordé ?
Il peut refuser une demande pour des motifs tenant au service et modifier des dates en cas de nécessité réelle, mais il ne peut le faire de façon arbitraire ni au dernier moment sans justification. Le fractionnement obéit au cadre fixé par la convention collective applicable.
Le refus motivé par une charge de travail exceptionnelle, une commande urgente ou l'absence simultanée de plusieurs salariés d'un même service se comprend et se défend. Le refus opposé sans explication, ou justifié par le seul fait que le salarié a récemment réclamé un arriéré de salaire, appartient à une autre catégorie. Le cabinet conseille de demander systématiquement les motifs par écrit, car cette demande oblige la société à formuler une raison qu'elle devra tenir par la suite.
L'annulation d'un congé déjà accordé pose une difficulté supplémentaire, surtout lorsque le salarié a engagé des frais de déplacement ou pris des engagements familiaux. Une modification décidée à la veille du départ, sans nécessité démontrée, cause un préjudice dont le salarié peut demander réparation. Encore faut il conserver la preuve de l'accord initial et celle des dépenses engagées, ce qui suppose de garder les échanges écrits et les justificatifs. Un simple message de confirmation adressé le jour de l'accord suffit généralement à sécuriser la situation.
Le fractionnement mérite une attention particulière car il sert souvent à vider le congé de son sens. Un salarié à qui l'on accorde ses droits par petites fractions dispersées ne bénéficie pas du repos que la loi entend garantir. Les conditions du fractionnement dépendent du Code du travail tunisien et de la convention collective applicable, qui prévoient généralement une période continue minimale. Ce point se vérifie texte en main, secteur par secteur.
Que devient le congé non pris lorsque le contrat prend fin ?
Il donne lieu à une indemnité compensatrice, due quel que soit le mode de rupture, démission comprise. Cette indemnité doit apparaître de façon détaillée dans le solde de tout compte, avec le nombre de jours retenus et la base de calcul appliquée.
C'est l'un des postes les plus fréquemment omis dans les décomptes de fin de contrat, et l'un des plus faciles à récupérer lorsque le salarié a conservé ses documents. L'indemnité compensatrice n'est pas une gratification laissée à l'appréciation de la société : elle correspond à un repos acquis et non pris. Un salarié démissionnaire y a droit exactement comme un salarié licencié, ce que beaucoup d'employeurs contestent encore, en affirmant à tort que le départ volontaire fait tout perdre.
La discussion porte presque toujours sur le nombre de jours restants. Le salarié soutient un chiffre, la société en avance un autre, et personne ne produit de relevé. C'est pourquoi la conservation des bulletins de paie, qui mentionnent généralement le solde, et des demandes de congé successives est décisive. Le cabinet reconstitue ce compte à partir des pièces disponibles, en identifiant les périodes d'absence effective et en les rapprochant des droits acquis sur toute la relation de travail.
Attention à la formulation du solde de tout compte. Une ligne globale intitulée indemnités diverses ne permet aucun contrôle et couvre parfois l'absence de toute indemnité de congé. Le salarié doit demander un décompte détaillé avant de signer, ou porter ses réserves par écrit sur le document. Signer sans réserve un solde comportant une renonciation générale rend la réclamation ultérieure nettement plus difficile, même lorsque le droit est évident. Le cabinet conseille de demander l'envoi du document au domicile plutôt que de signer debout, dans l'urgence d'un dernier passage.
Quels repos le salarié peut il exiger en dehors du congé annuel ?
Le repos quotidien entre deux journées de travail, le repos hebdomadaire, les jours fériés selon le régime applicable, ainsi que les congés spéciaux prévus par la convention collective pour certains événements familiaux. Chacun obéit à des règles propres et se vérifie dans le texte applicable.
Le repos hebdomadaire est celui qui donne lieu au plus grand nombre de litiges, notamment dans les secteurs où l'activité ne s'interrompt jamais. Des dérogations existent, avec des contreparties en repos ou en majoration, et elles dépendent du cadre applicable à l'activité concernée. Le salarié qui travaille sans interruption pendant de longues périodes doit conserver ses plannings, ses feuilles de présence et ses pointages, car ce sont ces pièces qui établiront plus tard la réalité de son temps de travail.
Les jours fériés relèvent d'un régime distinct de celui du congé annuel et ne s'imputent pas sur les droits acquis. Une société qui décompte un jour férié du solde de congés commet une irrégularité qui se voit sur les bulletins de paie et se corrige par une simple réclamation écrite, du moins lorsqu'elle est faite en temps utile. Le cumul de ces retenues sur plusieurs périodes finit par représenter un reliquat significatif que le salarié découvre au moment de son départ.
Les congés pour événements familiaux, mariage, naissance ou décès d'un proche, sont généralement prévus par les conventions collectives sectorielles, avec des durées et des conditions propres à chaque secteur. Le cabinet ne les annonce jamais par avance, car les écarts entre conventions sont importants. La règle pratique consiste à consulter le texte applicable dès l'embauche, plutôt qu'à découvrir ses droits dans l'urgence d'un événement familial douloureux. Nos équipes remettent volontiers au salarié le passage exact du texte qui le concerne.
Les repos distincts du congé annuel
- Le repos quotidien séparant deux journées de travail
- Le repos hebdomadaire, avec les dérogations propres à certaines activités
- Les jours fériés, qui ne se déduisent pas du congé annuel
- Les congés spéciaux pour événements familiaux prévus par la convention applicable
- Les périodes de suspension liées à la maladie, à la maternité ou à un accident du travail
Le salarié peut il être joint ou rappelé pendant son congé ?
Le congé suspend l'obligation de travailler. Un rappel n'est admissible que dans des circonstances exceptionnelles et avec l'accord du salarié, qui conserve alors le bénéfice du repos non pris. Les sollicitations professionnelles répétées pendant un congé le privent de son objet.
La question s'est banalisée avec la messagerie professionnelle installée sur le téléphone personnel. Le salarié en congé reçoit des demandes, répond pour éviter le reproche, et se retrouve à travailler sans que rien ne soit décompté. Ces échanges laissent pourtant une trace horodatée particulièrement utile, car ils démontrent que le repos n'a pas été effectif. Le cabinet les utilise fréquemment, aussi bien pour discuter un décompte de congés que pour établir une charge de travail excessive.
La bonne pratique, du côté du salarié, consiste à répondre une fois par écrit en rappelant sa situation de congé et sa disponibilité à compter de sa reprise. Ce message unique règle le plus souvent la question et constitue une pièce claire en cas de litige ultérieur. Il évite aussi l'accusation d'insubordination, puisque le salarié n'a pas ignoré la sollicitation mais y a répondu en indiquant les raisons pour lesquelles il n'y donnait pas suite immédiatement.
Lorsque le rappel est réellement nécessaire et que le salarié accepte d'interrompre son congé, cette interruption doit être constatée par écrit et les jours correspondants restitués. Une interruption acceptée par complaisance et jamais formalisée disparaît des comptes de l'entreprise. Le salarié qui a écourté son congé pour rendre service découvre alors, au moment de son départ, que son solde ne porte aucune trace de cet effort et qu'il ne dispose plus d'aucun élément pour l'établir.
Comment prouver les congés pris et ceux qui restent dus ?
Par les bulletins de paie mentionnant le solde, les demandes de congé et les autorisations écrites, les plannings et les feuilles de présence. En l'absence de ces pièces, la charge de justifier de l'organisation des congés pèse largement sur l'employeur.
La preuve est libre en matière sociale, ce qui ne signifie pas qu'elle soit facile. Le salarié doit présenter un compte cohérent, période par période, en rapprochant les droits acquis des absences réellement prises. Ce travail se fait beaucoup plus sereinement pendant la relation de travail que deux ans après une rupture conflictuelle. Le cabinet recommande de conserver un dossier personnel, hors de l'entreprise, contenant les bulletins de paie et les autorisations de congé.
Lorsque l'employeur ne tient aucun registre et ne produit aucun document, sa position devient fragile. Il lui appartient en effet de justifier qu'il a mis le salarié en mesure de prendre son repos et de tenir les documents permettant d'en rendre compte. Une société qui se contente d'affirmer que le salarié a pris tous ses congés, sans produire la moindre pièce, s'expose à voir le compte reconstitué sur la base des seuls éléments versés par le salarié.
Les attestations de collègues gardent une utilité, notamment pour établir un fonctionnement de service : équipe travaillant sans interruption pendant les périodes de forte activité, absence de calendrier de départs, refus opposés collectivement. Comme toujours, une attestation utile décrit des faits datés, personnellement constatés, sans jugement de valeur, et elle est signée avec une copie de la pièce d'identité de son auteur. Une appréciation générale sur l'ambiance ne sert à rien.
Les pièces qui règlent le débat en pratique
- Bulletins de paie mentionnant le solde de congés
- Demandes de congé déposées et autorisations reçues
- Plannings, feuilles de présence et relevés de pointage
- Messages professionnels échangés pendant les périodes de congé
- Attestations décrivant l'organisation réelle du service
Quels recours face à un employeur qui refuse durablement les congés ?
La réclamation écrite d'abord, puis la saisine de l'inspection du travail qui contrôle l'application du Code du travail tunisien en matière de repos. En cas d'échec, la juridiction du travail peut être saisie pour obtenir les indemnités correspondantes et la régularisation du compte.
Le salarié encore en poste hésite légitimement à engager une démarche, par crainte de représailles. Cette crainte doit être prise au sérieux, mais elle ne justifie pas l'inaction totale, car le temps joue contre celui qui se tait. Une réclamation écrite, courtoise et précise, formulée en termes de demande de régularisation plutôt que d'accusation, suffit souvent à débloquer une situation et laisse une trace utile si le conflit s'aggrave par la suite.
L'inspection du travail est l'interlocuteur naturel pour les manquements collectifs, absence de repos hebdomadaire, refus généralisé des congés, plannings ne permettant aucune interruption. Son intervention peut porter sur la situation d'une équipe entière, ce qui protège partiellement le salarié qui a saisi, puisque le contrôle ne se rattache plus à une seule personne. La saisine peut également viser la tenue des documents relatifs aux congés et aux temps de travail.
Devant la juridiction du travail, la demande relative aux congés s'ajoute généralement aux autres chefs de demande liés à la rupture, salaires impayés, heures supplémentaires, indemnités. Le cabinet privilégie cette approche d'ensemble, plus lisible pour le juge et plus efficace pour le salarié, car elle présente une relation de travail dans sa continuité plutôt qu'une série de réclamations isolées dont la cohérence n'apparaît pas immédiatement. Cette présentation d'ensemble permet aussi de mesurer, poste par poste, ce qui reste réellement en jeu pour le salarié.
Faire reconnaître ses droits à congé sans casser la relation de travail
- Se procurer un état écrit de ses droits
Avant toute discussion, il faut savoir ce que la société a inscrit dans ses propres documents. Le salarié demande un relevé des congés acquis et pris, et compare ce relevé avec ses bulletins de paie. Les écarts constatés à ce stade se règlent souvent sans conflit, alors qu'ils deviennent des litiges après la rupture.
- Lire la convention collective applicable au secteur
La durée du congé, les délais de dépôt des demandes, l'ordre des départs et les congés spéciaux ne se devinent pas. Ils figurent dans la convention applicable à l'activité de l'entreprise, qui prime sur les usages internes lorsqu'elle est plus favorable. Le cabinet part toujours de ce texte et non d'une pratique d'atelier.
- Formuler la demande par écrit et dans les formes prévues
Une demande verbale acceptée puis oubliée ne laisse aucune trace. Le salarié dépose sa demande dans la forme prévue par l'entreprise, en conservant une copie datée et une preuve de dépôt. Le respect du délai de prévenance fixé par la convention applicable évite qu'un refus soit justifié par la tardiveté.
- Conserver la réponse ou constater le silence
Une acceptation écrite protège le salarié contre une accusation ultérieure d'absence injustifiée. En l'absence de réponse, un rappel écrit permet de fixer la situation. Le salarié ne doit jamais partir en s'appuyant sur un accord donné oralement par un chef d'équipe et jamais confirmé par la direction.
- Réagir par écrit à un refus non motivé ou répété
Le refus doit s'expliquer par les nécessités du service et non par une opposition de principe. Un courrier demandant les motifs du refus et une proposition de dates alternatives montre la bonne foi du salarié et met la société en position de justifier son organisation.
- Saisir l'inspection du travail en cas de blocage durable
Le refus systématique des congés, l'absence de repos hebdomadaire ou le travail continu sans interruption relèvent du contrôle de l'inspection du travail. La saisine peut porter sur la situation d'un salarié comme sur celle d'une équipe entière, et elle laisse une trace écrite exploitable ensuite.
- Réclamer le décompte complet à la fin du contrat
Le solde de tout compte doit détailler les congés non pris et l'indemnité correspondante. Un décompte global sans détail se conteste par écrit avant signature. À défaut de régularisation, la demande se porte devant la juridiction du travail avec les autres créances salariales.
Congés et repos : qui décide et que faut il conserver
| Situation | Qui décide dans le cadre applicable | Ce que le salarié doit conserver |
|---|---|---|
| Acquisition du congé annuel | Le cadre légal et conventionnel, pas la société | Bulletins de paie et relevé des droits |
| Fixation des dates de départ | L'employeur, dans le respect de la convention | Demande écrite et réponse reçue |
| Refus opposé à une demande | L'employeur, à charge pour lui de motiver | Le refus écrit et les motifs invoqués |
| Fractionnement du congé | Le cadre conventionnel et l'accord des parties | L'accord écrit sur le découpage retenu |
| Report sur la période suivante | Le cadre applicable et l'accord des parties | La trace écrite du report accepté |
| Rappel pendant le congé | L'employeur, dans des cas exceptionnels | Les messages reçus et la réponse apportée |
| Repos hebdomadaire | Le cadre légal et les dérogations prévues | Plannings, pointages et feuilles de présence |
| Congés non pris à la rupture | Le décompte contradictoire des parties | Solde de tout compte et réserves écrites |
Cas particuliers
Salarié étranger employé en Tunisie
Le regroupement des droits à congé pour permettre un déplacement dans le pays d'origine est une pratique courante mais elle ne se présume pas. Elle suppose un accord écrit sur le report et le fractionnement, faute de quoi le salarié risque de voir ses droits contestés au moment du départ. Le cabinet conseille de formaliser cet accord dès l'embauche et de vérifier sa compatibilité avec la convention collective applicable au secteur.
Salarié tunisien ayant travaillé à l'étranger
Les congés acquis auprès d'un employeur étranger ne se transportent pas chez l'employeur tunisien, et l'ancienneté acquise hors de Tunisie n'influence pas automatiquement la durée du congé prévue par la convention applicable. En revanche, la liquidation des droits laissés en suspens à l'étranger suit les règles du pays concerné. Nos équipes distinguent soigneusement ces deux comptes, souvent mélangés dans les décomptes présentés au salarié de retour.
Salarié à temps partiel ou employé de façon saisonnière
Le droit au congé existe mais son calcul se rapporte au travail effectivement accompli, ce qui suppose une reconstitution précise des périodes d'emploi. Les salariés saisonniers réembauchés d'une saison à l'autre voient fréquemment leurs droits recommencer à zéro sans justification. Le cabinet examine dans ces situations la continuité réelle de la relation de travail, qui peut conduire à une lecture différente du décompte.
Salarié tombant malade pendant son congé annuel
La maladie survenant pendant le congé ne se confond pas avec le repos annuel, et son traitement dépend du Code du travail tunisien ainsi que de la législation de sécurité sociale. La transmission de l'arrêt de travail à l'employeur, dans les formes et sans attendre, conditionne la discussion ultérieure. Sans cette transmission tracée, le salarié se trouve démuni pour réclamer la restitution des jours concernés.
Le congé n'est pas une récompense que l'entreprise distribue, c'est un repos que le travail a déjà payé. Dans ces dossiers, le salarié qui a conservé ses bulletins de paie et ses demandes écrites est presque toujours en position de faire corriger le compte.
Les erreurs qui coûtent cher
Partir en congé sur un accord donné oralement par un chef d'équipe
L'absence peut être qualifiée d'injustifiée et déclencher une procédure disciplinaire que rien ne permet ensuite de contredire.
Ne jamais demander le relevé de ses droits à congé
Les écarts de décompte s'accumulent sur plusieurs périodes et deviennent très difficiles à reconstituer après la rupture.
Accepter sans écrit d'interrompre un congé pour rendre service
Les jours restitués disparaissent des comptes de la société et le salarié ne dispose plus d'aucune pièce pour les réclamer.
Signer un solde de tout compte comportant une ligne globale d'indemnités
L'absence de toute indemnité de congé passe inaperçue et une renonciation générale peut être opposée au salarié par la suite.
Répondre aux sollicitations professionnelles pendant tout son congé
Le repos perd son effectivité sans qu'aucune compensation ne soit décomptée, et l'habitude prise devient difficile à interrompre.
Questions fréquentes
Combien de jours de congé un salarié acquiert il en Tunisie ?
La durée dépend du Code du travail tunisien, de la convention collective applicable au secteur, de la catégorie professionnelle et de l'ancienneté. Le cabinet ne communique jamais de chiffre sans avoir lu le texte applicable, car les écarts entre secteurs sont réels et une erreur de base fausse tout le décompte.
L'employeur peut il payer le congé au lieu de l'accorder ?
Pendant la relation de travail, le congé est un repos qui doit être pris et non racheté. Le versement d'une somme en échange du repos ne libère pas l'employeur de son obligation. L'indemnité compensatrice n'intervient que lorsque le contrat prend fin sans que les droits acquis aient pu être exercés.
Les congés non pris se perdent ils à la fin de la période ?
Pas automatiquement. Le report dépend du cadre applicable et de la manière dont l'employeur a organisé les départs. Une société qui n'a jamais mis le salarié en mesure de prendre son repos est mal placée pour invoquer la perte des droits qu'elle n'a pas permis d'exercer.
Un jour férié peut il être décompté du solde de congés ?
Non, les jours fériés relèvent d'un régime distinct et ne s'imputent pas sur le congé annuel. Cette confusion apparaît clairement sur les bulletins de paie et se corrige par une réclamation écrite. Le cumul de telles retenues sur plusieurs périodes représente souvent un reliquat important.
Le salarié en période d'essai a t il droit au congé ?
Le droit au congé se constitue par le travail accompli dès le début de la relation, mais ses modalités d'exercice pendant la période d'essai dépendent du cadre applicable. En cas de rupture pendant cette période, l'indemnité compensatrice correspondant aux droits acquis reste due.
Peut on refuser un congé imposé pendant une fermeture collective ?
La fermeture collective s'impose au personnel dès lors qu'elle est annoncée dans un délai raisonnable et conforme au cadre applicable. Le salarié dont les droits excèdent la durée de fermeture conserve le reliquat, qui doit apparaître dans les documents de l'entreprise et non disparaître silencieusement.
Le congé de maternité ou de maladie s'impute t il sur le congé annuel ?
Ces périodes obéissent à des régimes propres, définis par le Code du travail tunisien et la législation de sécurité sociale, et elles ne se substituent pas au congé annuel. Leur articulation avec les droits acquis se vérifie au cas par cas, car les conventions sectorielles apportent parfois des précisions plus favorables.
Que faire si mon employeur ne tient aucun registre des congés ?
Cette absence lui est défavorable. Il lui appartient de justifier qu'il a mis le salarié en mesure de prendre son repos et de tenir les documents nécessaires. Le salarié construit alors son compte à partir de ses bulletins de paie, de ses demandes écrites et des attestations décrivant le fonctionnement du service.
Sources et vérification
- Code du travail tunisien, congé annuel payé, repos hebdomadaire et jours fériés
- Conventions collectives sectorielles applicables au secteur concerné
- Législation tunisienne de sécurité sociale et périodes de suspension du contrat
- Pratique du cabinet devant les juridictions du travail de Tunis et l'inspection du travail
Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 19 août 2026 par Maître Amine Messaadi.
À lire ensuite
Ce sujet relève de notre pratique en travail et licenciement. Le dossier complet se trouve dans le guide travail et accidents.