Droit de visite non respecté en Tunisie : quels recours ?
Un droit de visite fixé par jugement s'exécute comme toute décision de justice. La démarche consiste à faire constater chaque refus par huissier notaire, à mettre en demeure le parent gardien, puis à saisir le juge de la famille pour faire préciser, aménager ou sanctionner. Le refus répété peut conduire à une remise en cause de la garde.
Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 18 août 2026, vérifié le 18 août 2026. 14 min de lecture
À retenir
- Un refus non constaté par écrit n'existe pas dans le dossier, quelle que soit sa fréquence.
- Un dispositif de jugement imprécis est la première cause d'inexécution du droit de visite.
- Le constat d'huissier notaire est la pièce centrale de tout recours sur ce terrain.
- L'obstruction répétée peut justifier un aménagement, une astreinte ou un transfert de garde.
- Retenir la pension pour répondre au refus de visite aggrave la position de celui qui le fait.
Sur quels textes cela repose
- Code du statut personnel
- Il consacre le droit du parent non gardien de maintenir la relation avec son enfant, encadre l'exercice de la garde et permet au juge de la famille de revoir l'organisation lorsque l'intérêt de l'enfant l'exige.
- Code de procédure civile et commerciale
- Il régit la signification des jugements, leur exécution forcée par huissier notaire, les constats, les demandes en interprétation du dispositif et les procédures d'urgence devant le juge compétent.
- Textes relatifs aux documents de voyage et à la sortie du territoire des mineurs
- Ils encadrent la délivrance des passeports et le franchissement des frontières par un enfant mineur, questions décisives lorsqu'un déplacement à l'étranger est redouté.
Que faire lorsque l'enfant n'est pas présenté ?
Il faut transformer immédiatement le refus en preuve. Se présenter au lieu et à l'heure fixés par le jugement, faire dresser un constat par huissier notaire, puis adresser une mise en demeure écrite au parent gardien.
La réaction la plus fréquente est aussi la moins utile : repartir, appeler, échanger des messages amers, puis attendre l'échéance suivante en espérant qu'elle se passera mieux. Six mois plus tard, le parent privé de visite se présente devant le tribunal avec la certitude d'avoir été empêché, mais sans aucune pièce permettant de l'établir. Le parent gardien conteste, propose une autre version, et le débat devient impossible à trancher.
Le constat d'huissier notaire résout cette difficulté. Il fixe une date, une heure, un lieu, la présence du parent venu chercher l'enfant et l'absence de présentation. Il n'a rien d'agressif en soi, il ne fait que consigner un fait. Sa force tient à la répétition : trois ou quatre constats successifs racontent une histoire que le tribunal comprend immédiatement, là où un constat unique peut toujours s'expliquer par un imprévu.
La mise en demeure complète le dispositif. Elle rappelle ce que le jugement prévoit, énumère les échéances manquées, demande le respect du dispositif pour l'échéance suivante et annonce la saisine du tribunal à défaut. Beaucoup de situations se règlent à ce stade, parce que le parent gardien mesure que le comportement est désormais documenté et qu'il sera présenté au juge.
Un jugement imprécis peut il être exécuté ?
Non, ou très difficilement. Un droit de visite formulé en termes généraux, laissé à l'accord des parties ou dépourvu d'horaires ne peut pas être mis en oeuvre par un huissier notaire. Il faut d'abord obtenir une décision précise.
C'est la cause la plus fréquente d'échec, et elle remonte souvent à la procédure initiale. Un parent accepte, au moment du divorce, une formule souple, parce que la relation est encore correcte et que la précision paraît inutilement conflictuelle. Deux ans plus tard, la relation s'est dégradée, la formule souple ne dit plus rien de concret, et la décision est inexécutable au moment précis où elle deviendrait utile.
Un dispositif utilisable indique les fins de semaine concernées, les horaires de prise en charge et de restitution, le lieu de remise de l'enfant, la répartition des vacances scolaires et des fêtes, ainsi que le sort des déplacements. Ce niveau de détail n'est pas une marque de défiance, c'est ce qui permet à l'organisation de survivre à la dégradation des relations entre les parents.
Lorsque le jugement existant est trop vague, la voie consiste à saisir le juge de la famille pour obtenir une décision précisant les modalités. Cette démarche est souvent plus rapide et plus efficace que de s'épuiser à faire exécuter un texte qui ne dit rien. Elle permet en outre d'adapter l'organisation à l'âge actuel de l'enfant, qui a pu changer depuis la décision d'origine.
Comment se constitue la preuve du refus ?
Elle repose sur des éléments datés, objectifs et répétés. Le constat d'huissier notaire en est la pièce maîtresse, complété par les courriers adressés au parent gardien et par la trace des démarches restées sans réponse.
Le tribunal ne se prononce pas sur des ressentis. Un parent qui affirme être empêché depuis des mois et un parent qui affirme n'avoir jamais refusé se contredisent, et sans pièce, la contradiction ne se tranche pas. La question n'est donc pas de convaincre qu'un refus a eu lieu, mais de le rendre incontestable au moment où il se produit.
Les messages échangés ont une valeur, mais limitée. Ils sont souvent partiels, écrits sous le coup de l'émotion, et faciles à présenter de façon sélective. Un courrier recommandé ou une mise en demeure délivrée par huissier notaire produit un effet incomparable, parce qu'il porte une date certaine et un contenu que personne ne peut discuter.
Il faut également conserver la trace de ce que l'on a fait pour éviter le conflit : propositions écrites d'aménagement, acceptation d'un horaire modifié, prise en charge de trajets supplémentaires. Ces éléments établissent que le parent privé de visite a cherché une solution avant de saisir le tribunal, ce qui pèse dans l'appréciation d'ensemble.
Les pièces qui établissent l'obstruction
- Constats d'huissier notaire dressés à chaque échéance manquée
- Mise en demeure délivrée au parent gardien et rappelant le dispositif
- Courriers recommandés restés sans réponse
- Propositions écrites d'aménagement adressées avant toute procédure
- Attestations de l'établissement scolaire sur les informations refusées
- Justificatifs des déplacements effectués pour rien
Le refus de présenter l'enfant est il sanctionné ?
Oui. L'inexécution d'une décision de justice relative à la remise d'un enfant peut être poursuivie, et elle produit également des effets civils devant le juge de la famille, jusqu'à la remise en cause de l'attribution de la garde.
Le volet civil est celui qui produit les effets les plus durables. Le juge de la famille peut préciser le dispositif, l'assortir de modalités contraignantes, imposer un lieu neutre de remise de l'enfant, ou tirer les conséquences de l'obstruction sur l'attribution de la garde. Cette dernière hypothèse n'est pas théorique : un parent gardien qui prive systématiquement l'enfant de l'autre parent démontre son incapacité à préserver son équilibre.
Le volet pénal existe également, la non représentation d'enfant étant susceptible de poursuites. Il produit un effet de pression important, mais il doit être manié avec prudence. Dans une famille où les parents devront communiquer pendant des années au sujet de la scolarité et de la santé de l'enfant, une plainte engagée trop tôt peut durcir définitivement les positions.
En pratique, nos équipes privilégient la séquence complète : constats, mise en demeure, saisine du juge de la famille, et volet pénal réservé aux obstructions durables et manifestement délibérées. Cette progression est aussi la plus convaincante devant le tribunal, parce qu'elle montre qu'une solution amiable a été réellement recherchée.
Peut on obtenir un aménagement plutôt qu'une sanction ?
Souvent, oui, et c'est fréquemment plus efficace. Beaucoup de refus tiennent à des modalités devenues impraticables. Faire adapter les horaires, le lieu de remise ou la répartition des vacances règle le problème plus durablement qu'une sanction.
Toutes les inexécutions ne procèdent pas d'une mauvaise volonté. Un horaire fixé lorsque l'enfant avait quatre ans devient absurde lorsqu'il en a douze et pratique un sport le samedi matin. Un lieu de remise choisi quand les parents vivaient dans la même rue perd tout sens après un déménagement. Le parent gardien invoque alors ces difficultés, et le parent non gardien y voit un prétexte, chacun ayant partiellement raison.
Demander un aménagement présente deux avantages. Le premier est pratique : une organisation réaliste est respectée, une organisation impossible ne l'est jamais durablement, quelle que soit la fermeté du dispositif. Le second est stratégique : le parent qui propose une solution concrète apparaît comme celui qui cherche l'intérêt de l'enfant, ce qui compte beaucoup si le dossier évolue ensuite vers un contentieux plus dur.
L'aménagement peut porter sur des points très concrets : visites plus longues et moins fréquentes en cas d'éloignement, remise de l'enfant dans un lieu neutre lorsque les rencontres entre parents dégénèrent, prise en charge alternée des trajets, communication par un canal écrit unique pour éviter les échanges quotidiens conflictuels.
Le refus répété peut il conduire à un transfert de garde ?
Oui. L'obstruction durable au droit de visite est un élément que le juge de la famille prend au sérieux, car elle traduit une incapacité à préserver le lien de l'enfant avec son autre parent. Elle peut justifier une révision de l'attribution.
Le tribunal n'opère pas ce revirement à la légère, et il ne le fait pas sur la base de reproches généraux. Il lui faut un dossier : des constats étalés dans le temps, des courriers restés sans réponse, la démonstration que le parent privé de visite a proposé des solutions et que le parent gardien les a écartées sans motif légitime. Réunis, ces éléments dessinent un comportement, et non un incident.
Il faut aussi mesurer la portée réelle de cette demande. Un transfert de garde bouleverse la vie de l'enfant, et le juge met en balance ce bouleversement avec le préjudice causé par la rupture du lien. Le parent demandeur doit donc démontrer non seulement l'obstruction, mais aussi qu'il offre des conditions d'accueil adaptées et une organisation crédible.
Dans bien des dossiers, la simple perspective de cette demande suffit à modifier le comportement du parent gardien. C'est une raison supplémentaire de documenter les refus dès le début : la crédibilité de la demande repose entièrement sur les pièces réunies au fil des mois, et elle ne se construit pas rétroactivement.
Que faire si l'enfant refuse lui même de partir ?
Il faut faire constater la situation sans transformer la remise en épreuve de force, puis saisir le juge de la famille. Un refus qui se répète appelle une adaptation de l'organisation plutôt qu'une exécution contrainte.
Cette situation est délicate, parce qu'elle mêle deux réalités très différentes. Il peut s'agir d'un enfant réellement influencé, qui exprime le discours de l'adulte chez qui il vit. Il peut aussi s'agir d'un enfant plus âgé dont le refus reflète une difficulté propre : un rythme de visites inadapté à sa vie sociale, une tension avec le nouveau foyer du parent, ou simplement un besoin d'être entendu.
La réponse ne peut pas être la contrainte physique. Insister au point de faire de la remise une scène violente cause à l'enfant un dommage réel et dessert celui qui s'y livre. Il vaut mieux constater la situation, se retirer, et porter le problème devant le juge de la famille, qui dispose des moyens d'apprécier ce qui se joue et d'ajuster l'organisation.
Le parent gardien a de son côté une obligation : il doit encourager l'enfant à respecter la décision et ne peut pas se retrancher derrière son refus. Un parent qui se contente d'annoncer que l'enfant ne veut pas venir, sans avoir rien fait pour préparer la visite, manque à ses obligations, et le tribunal fait la différence entre les deux attitudes.
Comment organiser les visites quand un parent vit à l'étranger ?
L'organisation doit être conçue autour des périodes de vacances scolaires et complétée par des contacts réguliers à distance. Le dispositif du jugement doit prévoir les trajets, les documents de voyage et les autorisations nécessaires.
Un droit de visite conçu pour deux parents habitant la même ville n'a aucun sens lorsque l'un d'eux réside à l'étranger. La transposition mécanique de fins de semaine alternées produit une décision qui ne sera jamais exécutée, et qui servira surtout à nourrir le sentiment d'échec du parent éloigné. Il faut donc raisonner différemment dès la rédaction du dispositif.
Une organisation praticable repose sur des périodes plus longues et moins fréquentes, calées sur les vacances scolaires, avec une répartition prévue à l'avance sur plusieurs années. Elle prévoit qui prend en charge les trajets, comment le passeport de l'enfant est détenu et remis, et selon quelles modalités l'autorisation de sortie du territoire est délivrée pour chaque séjour.
Elle prévoit enfin le lien entre les séjours. Des appels réguliers à des horaires convenus, l'accès aux informations scolaires et médicales, la transmission des bulletins et des certificats : ces éléments modestes maintiennent une relation réelle et évitent que chaque retrouvaille ne recommence à zéro. Leur mention expresse dans le jugement les rend opposables.
Points à faire figurer dans le dispositif
- Périodes de séjour calées sur les vacances scolaires et réparties à l'avance
- Prise en charge et partage du coût des trajets
- Détention du passeport de l'enfant et modalités de sa remise
- Autorisation de sortie du territoire pour chaque période de séjour
- Rythme et horaires des contacts à distance entre les séjours
- Transmission des informations scolaires et médicales
Peut on suspendre la pension pour répondre au refus de visite ?
Non. L'obligation alimentaire et le droit de visite sont deux obligations distinctes. Cesser de payer pour obtenir des visites constitue un manquement autonome, sanctionné comme tel, et affaiblit durablement la position de celui qui s'y livre.
Cette tentation est constante, et elle se comprend humainement : un parent privé de son enfant supporte mal de continuer à verser une pension sans rien obtenir en retour. Le raisonnement est pourtant perdant sur tous les plans. La créance alimentaire continue de courir, les arriérés s'accumulent avec les frais d'exécution, et le parent gardien dispose désormais d'un grief à opposer devant le tribunal.
Le même raisonnement vaut en sens inverse. Un parent gardien qui refuse les visites parce que la pension n'est pas versée commet un manquement distinct, sanctionné indépendamment de la question du recouvrement. Chacune des deux obligations dispose de ses propres voies d'exécution, et le tribunal les traite séparément.
La bonne stratégie consiste donc à mener les deux actions en parallèle et à leur donner chacune la réponse appropriée : exécution forcée et saisies pour la pension, constats et saisine du juge de la famille pour le droit de visite. Un parent qui respecte scrupuleusement ses obligations tout en documentant les manquements de l'autre se présente devant le tribunal dans la position la plus favorable qui soit.
Faire respecter un droit de visite, étape par étape
- Relire précisément le dispositif du jugement
Seul ce que le dispositif énonce est exécutable. Jours, horaires, lieu de prise en charge et de restitution, sort des vacances scolaires : si ces éléments manquent, aucune mesure d'exécution ne peut prospérer et il faut d'abord obtenir une décision plus précise.
- Vérifier que la décision a bien été signifiée
Sans signification par huissier notaire, le parent gardien peut soutenir qu'il ignorait les modalités arrêtées. Cette formalité conditionne l'exécution et fixe la date à partir de laquelle chaque manquement devient opposable.
- Faire constater chaque refus
Se présenter au lieu et à l'heure prévus, accompagné d'un huissier notaire, et faire dresser un constat de la non présentation de l'enfant. Un seul constat isolé pèse peu, une série de constats sur plusieurs échéances établit un comportement.
- Adresser une mise en demeure au parent gardien
La mise en demeure rappelle le dispositif du jugement, énumère les échéances manquées et annonce les suites. Elle règle une partie des situations, et elle démontre dans les autres cas que le parent privé de visite a cherché une solution avant de saisir le tribunal.
- Engager l'exécution forcée
L'huissier notaire met en oeuvre la décision selon les modalités applicables. Cette phase se heurte souvent à la réalité d'un enfant qu'il n'est pas question de saisir comme un bien, ce qui explique que le résultat passe généralement par la pression exercée sur le parent défaillant.
- Saisir le juge de la famille
Le tribunal peut préciser un dispositif ambigu, aménager les modalités pour les rendre praticables, assortir l'obligation de mesures contraignantes ou tirer les conséquences d'une obstruction persistante sur l'attribution de la garde.
- Prévenir tout départ non autorisé de l'enfant
Lorsque des indices sérieux laissent craindre un déplacement à l'étranger, une demande relative aux documents de voyage et à l'autorisation de sortie du territoire doit être présentée sans délai. Agir avant le départ est la seule stratégie réellement efficace.
Quel recours pour quelle situation
| Situation | Première mesure | Recours utile | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Enfant non présenté à une échéance isolée | Constat d'huissier notaire | Mise en demeure écrite | Ne pas laisser passer sans trace écrite |
| Refus répété sur plusieurs mois | Série de constats datés | Saisine du juge de la famille | Réagir avant que la rupture du lien ne s'installe |
| Dispositif du jugement imprécis | Analyse du dispositif | Demande de précision ou nouvelle décision | Aucune exécution possible sur un texte vague |
| Horaires rendus impraticables | Proposition écrite d'aménagement | Demande de modification des modalités | Une demande proportionnée aboutit plus vite |
| Déménagement du parent gardien | Demande d'information sur la nouvelle adresse | Réaménagement des visites et des trajets | Anticiper le coût et la durée des déplacements |
| Enfant qui refuse lui même de partir | Constat des circonstances | Saisine du juge pour adapter l'organisation | Ne jamais transformer la remise en épreuve de force |
| Obstruction délibérée et durable | Dossier de constats et de courriers | Demande de mesures contraignantes ou de transfert de garde | Documenter chaque échéance manquée |
| Crainte de départ à l'étranger | Signalement immédiat au conseil | Demande relative aux documents de voyage et à la sortie du territoire | Après le départ, la procédure devient beaucoup plus lourde |
Cas particuliers
Parent non gardien résidant à l'étranger
La procédure se conduit sur procuration consulaire, et le dispositif doit être conçu autour de séjours longs pendant les vacances scolaires. Les questions du passeport de l'enfant et de l'autorisation de sortie du territoire doivent être tranchées expressément, faute de quoi chaque séjour donnera lieu à un nouveau blocage.
Déménagement du parent gardien à l'intérieur du pays
Un éloignement important rend inapplicable un droit de visite conçu pour une même ville. Il faut demander rapidement un réaménagement, avec des périodes plus longues et une répartition des trajets, plutôt que de laisser s'installer des mois de visites non exercées.
Enfant adolescent qui conteste l'organisation
Le tribunal tient compte de l'avis d'un enfant mûr sans s'y soumettre. Une organisation adaptée à son rythme scolaire et social a plus de chances d'être respectée qu'un calendrier imposé, qui produit rapidement des refus et un contentieux permanent.
Crainte de déplacement de l'enfant hors du territoire
Lorsque des indices sérieux existent, une demande relative aux documents de voyage et à l'autorisation de sortie du territoire doit être présentée sans attendre. Le retour d'un enfant déjà déplacé relève d'une procédure lourde, longue et à l'issue incertaine.
Un droit de visite ne se défend pas au téléphone, il se défend avec des constats datés. Le parent qui documente calmement chaque échéance manquée obtient en quelques mois ce que la colère ne produit jamais.
Les erreurs qui coûtent cher
Laisser passer les refus sans les faire constater
Le dossier reste vide et le tribunal ne peut trancher entre deux versions contradictoires, même après des mois d'obstruction.
Accepter un dispositif de visite rédigé en termes généraux
La décision devient inexécutable dès que la relation se dégrade, c'est à dire précisément quand elle serait utile.
Cesser de verser la pension pour faire pression
Le manquement s'ajoute au dossier, les arriérés s'accumulent et l'argumentation sur le droit de visite perd toute crédibilité.
Transformer la remise de l'enfant en confrontation
L'enfant subit la scène, elle est relatée devant le tribunal, et elle dessert celui qui l'a provoquée quelle que soit la légitimité de sa demande.
Attendre plus d'un an avant de saisir le juge de la famille
La rupture du lien devient un fait installé, et le tribunal hésite à imposer brutalement des visites à un enfant qui n'en a plus l'habitude.
Questions fréquentes
Faut il un huissier notaire à chaque échéance manquée ?
Pas nécessairement à chacune, mais la répétition des constats fait la force du dossier. Trois ou quatre constats espacés sur plusieurs mois démontrent un comportement, alors qu'un constat isolé peut toujours s'expliquer par une circonstance particulière.
Que faire si le parent gardien déménage sans donner sa nouvelle adresse ?
Le silence sur l'adresse rend le droit de visite inapplicable et constitue en soi un manquement. Il faut le faire constater, adresser une mise en demeure et saisir le juge de la famille, qui peut imposer la communication de la nouvelle adresse.
Le droit de visite peut il être exercé dans un lieu neutre ?
Oui, le tribunal peut prévoir un lieu de remise neutre lorsque les rencontres entre parents dégénèrent. Cette précision figure dans le dispositif et évite que chaque échéance ne devienne l'occasion d'un incident devant l'enfant.
Un parent peut il perdre son droit de visite ?
La suppression totale reste exceptionnelle, car le maintien du lien est en principe conforme à l'intérêt de l'enfant. Le tribunal préfère encadrer les modalités, par exemple en prévoyant une remise en lieu neutre ou des visites sans hébergement.
Comment obtenir les informations scolaires que l'autre parent refuse ?
Il faut demander expressément au tribunal que le droit à l'information figure dans le dispositif. Une décision qui prévoit la transmission des bulletins et l'accès aux informations de l'établissement met fin aux refus opposés par le parent gardien.
Le droit de visite s'applique t il pendant les vacances scolaires ?
Seulement si le jugement l'a prévu et de la façon dont il l'a prévu. C'est l'un des points les plus fréquemment omis, et son absence rend chaque période de vacances conflictuelle. Il faut le faire préciser si le dispositif est muet.
Combien de temps prend une saisine du juge de la famille sur ce point ?
Cela dépend de l'encombrement du tribunal et de la nature de la demande. Une demande d'aménagement appuyée sur des constats et une proposition concrète est traitée plus rapidement qu'une demande générale de sanction sans pièce.
Peut on agir depuis l'étranger sans venir en Tunisie ?
Oui. La procédure se mène sur procuration consulaire, nos équipes assurant la représentation aux audiences. Les constats sont organisés lors des séjours prévus, ce qui suppose de préparer chaque déplacement à l'avance avec l'huissier notaire.
Sources et vérification
- Code du statut personnel, garde et maintien du lien avec l'enfant
- Code de procédure civile et commerciale, signification, constats et exécution
- Textes relatifs aux documents de voyage et à la sortie du territoire des mineurs
- Pratique du cabinet en exécution des décisions de famille dans le Grand Tunis
Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 18 août 2026 par Maître Amine Messaadi.
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Ce sujet relève de notre pratique en famille et divorce. Le dossier complet se trouve dans le guide famille.