Tunisiens résidant à l'étranger : les points fiscaux à connaître avant d'investir
Avant d'investir en Tunisie depuis l'étranger, trois questions se règlent dans l'ordre : la résidence fiscale du contribuable, sa qualité de résident ou de non résident au regard de la réglementation des changes, et la traçabilité des fonds transférés. Les taux, les seuils et les délais applicables se vérifient auprès de l'administration ou du cabinet avant toute opération.
Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 19 août 2026, vérifié le 19 août 2026. 14 min de lecture
À retenir
- La résidence fiscale et la qualité de non résident au regard des changes sont deux notions distinctes.
- Les revenus de source tunisienne peuvent être imposables en Tunisie même pour une personne résidant à l'étranger.
- La traçabilité des fonds transférés conditionne la possibilité de sortir plus tard le produit d'une vente.
- Une procuration précise évite d'avoir à se déplacer pour chaque étape des formalités.
- Les taux, les seuils et les délais applicables se vérifient auprès de l'administration ou du cabinet avant toute opération.
Sur quels textes cela repose
- Code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés
- Il définit les critères de la résidence fiscale en Tunisie, détermine les revenus imposables selon que le contribuable est résident ou non, fixe les obligations déclaratives correspondantes et régit le traitement des revenus fonciers et des plus values réalisées sur des biens situés en Tunisie.
- Réglementation des changes
- Elle distingue les résidents et les non résidents au sens qui lui est propre, organise les comptes ouverts en Tunisie par les personnes établies à l'étranger, encadre l'importation et l'utilisation des devises et conditionne les possibilités de transfert vers l'étranger du produit des opérations réalisées en Tunisie.
- Code des droits d'enregistrement et de timbre
- Il régit la formalité applicable aux actes conclus en Tunisie par des personnes établies à l'étranger, notamment les acquisitions immobilières, les procurations utilisées pour les représenter et les actes de société auxquels elles participent.
Qu'est ce que la résidence fiscale et pourquoi cette question vient elle en premier ?
La résidence fiscale détermine l'étendue des obligations d'une personne en Tunisie. Elle s'apprécie à partir des critères prévus par le Code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, appliqués à la situation personnelle réelle du contribuable.
Cette question commande toutes les autres, et pourtant elle est rarement posée en premier. Les personnes établies à l'étranger raisonnent naturellement à partir de leur pays de résidence et supposent que leur situation tunisienne se réduit aux opérations qu'elles y réalisent. La réalité est plus nuancée : selon la manière dont leur situation s'apprécie au regard des critères tunisiens, l'étendue de leurs obligations déclaratives en Tunisie n'est pas la même.
Les critères retenus par les textes s'attachent à des éléments concrets : le lieu de l'habitation, la durée et les conditions du séjour, le centre des intérêts. Ces critères ne s'appliquent pas mécaniquement et leur combinaison demande un examen de la situation réelle, pièces à l'appui. C'est la raison pour laquelle nos équipes traitent cette question par une consultation documentée, et non par une réponse générale donnée au téléphone. Cette consultation vaut pour l'opération projetée, non pour toute la vie de la personne concernée.
La situation évolue en outre avec la vie de la personne. Un retour progressif au pays, l'installation de la famille, l'acquisition d'une résidence utilisée durablement, le développement d'une activité en Tunisie : chacun de ces événements peut modifier l'analyse. La question mérite donc d'être réexaminée périodiquement, et systématiquement avant une opération d'une certaine importance. Nos équipes recommandent de faire le point avant chaque acquisition, avant chaque installation durable et à chaque changement significatif de situation familiale ou professionnelle.
Éléments examinés pour apprécier la situation
- Le lieu où se trouve l'habitation utilisée de manière durable
- Les conditions et la continuité du séjour en Tunisie et à l'étranger
- Le lieu où se situe le centre des intérêts personnels et familiaux
- La localisation de l'activité professionnelle et de ses moyens
- Les documents de séjour et attestations délivrés dans le pays de résidence
Un Tunisien résidant à l'étranger est il imposable en Tunisie ?
Une personne établie à l'étranger peut être imposable en Tunisie à raison de ses revenus de source tunisienne, notamment des loyers d'un bien situé en Tunisie ou des plus values réalisées sur sa cession. Les régimes et les modalités déclaratives se vérifient au cas par cas.
La confusion la plus fréquente consiste à croire que résider à l'étranger dispense de toute obligation en Tunisie. Ce n'est pas exact. Le rattachement d'un revenu à la Tunisie tient à sa source, et non seulement au lieu de résidence de celui qui le perçoit. Un immeuble situé en Tunisie produit des revenus de source tunisienne, quel que soit le pays où vit son propriétaire, et sa cession peut faire naître une imposition en Tunisie.
La conséquence pratique est qu'un investissement réalisé depuis l'étranger appelle un suivi déclaratif en Tunisie, et pas seulement une opération d'achat suivie d'un silence. Les personnes qui découvrent cette obligation plusieurs années après l'acquisition se trouvent devant une régularisation à opérer, alors qu'un accompagnement dès l'origine aurait évité l'accumulation des retards et des conséquences qui s'y attachent. Le cabinet met donc en place ce suivi dès l'acquisition, avec un calendrier annuel et un interlocuteur unique en Tunisie.
Nos équipes recommandent d'organiser ce suivi comme une routine annuelle, avec un interlocuteur unique en Tunisie et un dossier tenu à jour. Cette organisation coûte peu et elle évite la situation la plus désagréable pour un investisseur établi à l'étranger : découvrir au moment de la revente que le dossier fiscal doit être reconstitué depuis le début, avec des pièces que personne n'a conservées. Ce dossier, tenu à jour chaque année, se transmet ensuite sans difficulté aux héritiers de l'investisseur.
Que change le statut de non résident au sens de la réglementation des changes ?
La réglementation des changes retient une distinction entre résidents et non résidents propre à sa logique, qui ne se confond pas avec la résidence fiscale. Cette qualité commande le type de compte utilisable en Tunisie et les possibilités de transfert ultérieur vers l'étranger.
La coexistence de deux notions portant le même nom est la source de malentendus la plus fréquente dans les dossiers d'investissement. Une personne peut être qualifiée d'une manière au regard des changes et d'une autre au regard de l'impôt, ces qualifications répondant à des finalités différentes. Confondre les deux conduit à des décisions financières inadaptées, notamment dans le choix du compte utilisé pour financer une acquisition. Nos équipes traitent donc ces deux questions séparément et par écrit, avant tout engagement financier.
La qualité retenue au regard des changes détermine des conséquences très concrètes. Elle commande la catégorie de compte pouvant être ouverte, les modalités d'alimentation de ce compte, l'utilisation des sommes qui y figurent et surtout les possibilités de transfert vers l'étranger. Ces règles se vérifient auprès de l'établissement bancaire et du cabinet avant le premier virement, car leur application dépend de la situation personnelle et de la nature du projet.
Le moment de la vérification est déterminant. Une fois les fonds transférés par un canal inadapté et l'acquisition réalisée, la correction devient difficile et suppose parfois des démarches administratives longues. Le cabinet examine donc cette question au tout début du dossier, en lien avec la banque de l'investisseur, avant que la moindre somme ne quitte le pays de résidence. Une vérification conduite en quelques jours évite des démarches qui prendraient ensuite plusieurs mois, sans garantie de résultat.
Comment financer un investissement en Tunisie depuis l'étranger ?
Le financement passe par un compte adapté à la qualité de l'investisseur au regard de la réglementation des changes, alimenté par des virements documentés. Chaque transfert doit donner lieu à une attestation bancaire conservée sans exception, quelle que soit son importance.
La traçabilité est le point sur lequel le cabinet insiste le plus auprès des investisseurs établis à l'étranger. Un virement effectué sans conservation de l'attestation bancaire correspondante devient, quelques années plus tard, une somme dont l'origine ne peut plus être établie. Cette absence de preuve ne cause aucune difficulté au moment de l'achat, mais elle en cause de sérieuses au moment de la vente, lorsqu'il s'agit de transférer le produit vers l'étranger.
La documentation utile ne se limite pas aux attestations de virement. Il faut conserver les relevés du compte tunisien, les justificatifs du paiement du prix, les factures des travaux réalisés ensuite, ainsi que les pièces bancaires du pays de résidence établissant l'origine des sommes. L'ensemble constitue le dossier financier de l'investissement, distinct du dossier juridique du bien. Le cabinet remet à l'investisseur la liste de ces pièces avant le premier virement, afin qu'aucun document ne soit perdu en cours d'opération.
Le recours à des canaux informels de transfert est à écarter sans réserve. Au delà des difficultés qu'il crée au regard de la réglementation des changes, il rend impossible toute démonstration de l'origine des fonds. Nos équipes rencontrent régulièrement des investisseurs bloqués au moment d'une revente parce que le financement initial, réalisé par des remises en espèces, ne peut être établi par aucun document. Ces situations ne se corrigent pas après coup, ce qui rend la précaution initiale d'autant plus importante.
Pièces du dossier financier à conserver systématiquement
- Attestations bancaires de chaque transfert vers la Tunisie
- Relevés du compte tunisien utilisé pour l'opération
- Justificatifs du paiement du prix au vendeur
- Factures régulières des travaux réalisés sur le bien
- Pièces établissant l'origine des fonds dans le pays de résidence
- Quittances des droits acquittés et des taxes réglées
Peut on transférer à l'étranger le produit d'une vente ou des loyers ?
Les possibilités de transfert relèvent de la réglementation des changes et dépendent de la qualité de l'intéressé, de la nature de l'opération et de la traçabilité du financement initial. Les conditions applicables se vérifient auprès de la banque et du cabinet avant l'opération.
Cette question devrait être posée avant l'achat, et non au moment de la vente. Les conditions de transfert dépendent en effet largement de la manière dont l'investissement a été financé à l'origine. Un investisseur qui a financé son acquisition par des transferts documentés, sur un compte adapté à sa situation, se trouve dans une position radicalement différente de celui qui a payé par des moyens dont il ne peut rien établir.
La démarche de transfert se prépare comme un dossier. Il faut réunir l'acte d'acquisition enregistré, les attestations des transferts d'origine, les justificatifs du prix payé, l'acte de revente et les pièces relatives aux obligations fiscales acquittées. La banque examine ce dossier au regard de la réglementation applicable, et un dossier incomplet reste en attente sans qu'aucune décision explicite ne soit prise. Nos équipes constituent ce dossier avec la banque en amont de la vente, afin que la demande ne se heurte à aucune pièce manquante.
Les loyers perçus appellent le même raisonnement, avec en outre un suivi déclaratif régulier. Un investisseur qui perçoit des revenus fonciers en Tunisie et souhaite les utiliser à l'étranger a intérêt à organiser cette question dès la mise en location, plutôt que de laisser les sommes s'accumuler sur un compte en s'interrogeant plus tard sur leur sort. Le cabinet organise ce point avec la banque et le gestionnaire du bien, dès la signature du premier bail.
Quelles formalités accompagnent un achat immobilier réalisé depuis l'étranger ?
L'achat suppose les mêmes formalités que pour un résident, avec en plus l'organisation de la représentation par procuration, la légalisation et la traduction des pièces étrangères, et la documentation des transferts de fonds utilisés pour payer le prix.
La procuration est la pièce maîtresse du dossier. Elle doit désigner précisément le bien, l'opération envisagée et les pouvoirs conférés au mandataire, y compris la signature de l'acte, le paiement du prix, l'accomplissement de la formalité d'enregistrement et le dépôt du dossier d'inscription. Une procuration rédigée en termes généraux est écartée par les services concernés, ce qui impose de la refaire depuis le pays de résidence et retarde tout le dossier.
Les exigences de forme des pièces établies à l'étranger se vérifient avant leur établissement. Légalisation, traduction par un traducteur habilité, mentions particulières : ces conditions varient selon le pays d'établissement et selon la nature du document. Le cabinet indique la liste exacte des pièces et leur forme requise au début du dossier, car un aller retour de documents entre deux pays coûte plusieurs semaines. Nos équipes préparent le projet de procuration et le transmettent au client, qui n'a plus qu'à le faire établir dans les formes locales.
Le calendrier doit également tenir compte des vérifications préalables, qui ne se délèguent pas. Certificat de propriété récent, inscriptions grevant le bien, situation d'occupation, état des taxes locales, concordance entre le vendeur et le propriétaire inscrit. Nos équipes conduisent ces vérifications avant tout versement de fonds, ce qui suppose que l'investisseur résiste à la pression fréquente d'un vendeur pressé d'obtenir un acompte. Aucune somme ne doit quitter le pays de résidence avant que ces vérifications ne soient achevées et communiquées par écrit.
Comment éviter une imposition dans les deux pays ?
La Tunisie a conclu des conventions tendant à éviter la double imposition avec plusieurs États. Leur application suppose d'identifier la convention applicable, de vérifier les règles qu'elle retient pour le revenu concerné et de coordonner l'analyse avec un conseil du pays de résidence.
L'existence d'une convention ne règle pas tout automatiquement. Chaque convention répartit le droit d'imposer entre les deux États selon la catégorie de revenu, prévoit des mécanismes destinés à neutraliser la double imposition et exige, pour son application, la production de justificatifs. Une personne qui invoque une convention sans en respecter les conditions de forme se retrouve imposée dans les deux pays, faute d'avoir accompli les démarches attendues. Ces conditions de forme se vérifient auprès des deux administrations concernées, avant la première déclaration.
L'analyse doit être conduite des deux côtés. Le traitement d'un revenu en Tunisie ne dit rien de la manière dont il sera pris en compte dans le pays de résidence, et inversement. C'est la raison pour laquelle nos équipes travaillent en lien avec un conseil du pays de résidence, chacun apportant la connaissance de son propre droit, plutôt que de raisonner à partir d'une seule législation. Cette coordination évite les analyses partielles, qui produisent le plus souvent une imposition supérieure à celle que les textes prévoient.
Les justificatifs se préparent en amont. Attestations de résidence fiscale, documents relatifs aux revenus perçus, preuves des impositions acquittées : ces pièces sont demandées par les administrations des deux pays et elles doivent être obtenues au moment où elles peuvent l'être, non plusieurs années plus tard. Le cabinet établit la liste de ces documents dès la première consultation. Nos équipes indiquent également l'ordre dans lequel ces documents doivent être demandés, car certains ne s'obtiennent qu'après le dépôt d'une déclaration.
Quelles précautions prendre avant de créer une société ou d'investir dans une activité ?
Il faut arrêter la structure juridique au regard du projet réel, vérifier les régimes applicables à l'activité envisagée, organiser le financement selon la réglementation des changes et anticiper les obligations déclaratives qui accompagneront la vie de la société.
L'erreur la plus coûteuse consiste à créer la structure avant d'avoir arrêté le projet. La forme de la société, la répartition du capital, la qualité des associés établis à l'étranger et le mode de financement des apports ont des conséquences durables, difficiles à corriger ensuite. Une consultation préalable permet de choisir en connaissance de cause, alors qu'une modification ultérieure suppose des formalités, des frais et parfois l'accord d'associés devenus réticents.
Le financement des apports depuis l'étranger appelle la même vigilance que celle décrite pour l'immobilier. La documentation des transferts conditionne les possibilités ultérieures de transfert des dividendes ou du produit d'une cession de parts. Nos équipes organisent ce point avec la banque avant la constitution, car une structure financée par des canaux inadaptés place l'associé établi à l'étranger dans une situation durablement inconfortable. Cette organisation se met en place avant le premier apport, jamais après la constitution de la société.
La vie de la société suppose enfin un suivi régulier que la distance rend plus difficile. Obligations déclaratives, tenue des livres, approbation des comptes, formalités auprès des services concernés : chacune de ces échéances doit être confiée à un interlocuteur identifié en Tunisie. Le cabinet met en place ce suivi dès la constitution, avec un calendrier annuel connu de l'associé établi à l'étranger. Ce calendrier est adressé chaque année à l'associé, avec la liste des pièces attendues de sa part.
Points à arrêter avant la constitution
- La nature réelle du projet et la structure juridique adaptée
- La qualité des associés au regard de la réglementation des changes
- Le mode de financement des apports et sa documentation bancaire
- Les régimes applicables à l'activité envisagée, à vérifier au préalable
- L'interlocuteur chargé du suivi déclaratif et comptable en Tunisie
- Le calendrier annuel des obligations et des formalités
Les vérifications à conduire avant d'engager des fonds en Tunisie
- Faire établir sa situation au regard de la résidence fiscale
La qualification de résident ou de non résident fiscal se détermine à partir des critères prévus par les textes, appréciés au regard de la situation personnelle réelle. Cette question vient avant toutes les autres, car elle détermine l'étendue des obligations déclaratives en Tunisie et l'articulation avec le pays de résidence.
- Vérifier sa qualité au regard de la réglementation des changes
La réglementation des changes retient une distinction entre résidents et non résidents qui ne se confond pas avec la notion fiscale. Cette qualité commande le type de compte pouvant être ouvert en Tunisie et les possibilités de transfert ultérieur, ce qui en fait un point à vérifier auprès de l'établissement bancaire avant toute opération.
- Ouvrir le compte adapté à l'opération envisagée
Les personnes établies à l'étranger disposent de catégories de comptes propres, dont les conditions d'utilisation et de transfert relèvent de la réglementation des changes. Le choix du compte se fait avant le premier virement, car un financement passé par un canal inadapté complique considérablement la sortie ultérieure des fonds.
- Faire chiffrer le coût fiscal complet du projet
Droits dus au titre de l'acte, incidences en matière d'impôt sur le revenu, taxes locales attachées au bien, coût des formalités et honoraires. Ce chiffrage se demande par écrit avant tout engagement, car les tarifs et les régimes évoluent et une estimation ancienne n'a aucune valeur pour une opération présente.
- Établir une procuration précise et utilisable en Tunisie
La procuration doit désigner l'opération, le bien ou les droits concernés et les pouvoirs conférés, y compris l'accomplissement des formalités fiscales et foncières. Les exigences de légalisation et de traduction se vérifient avant l'établissement du document, car un mandat rejeté impose de tout recommencer depuis l'étranger.
- Faire tracer chaque transfert de fonds vers la Tunisie
Chaque virement doit être documenté par une attestation bancaire mentionnant l'origine des fonds, leur montant, leur date et leur destination. Cette traçabilité n'a pas d'utilité immédiate mais elle conditionne la possibilité de transférer plus tard vers l'étranger le produit d'une vente ou les revenus perçus.
- Accomplir les formalités puis organiser la conservation des pièces
Enregistrement de l'acte, paiement des droits, inscription au titre foncier pour un immeuble immatriculé, déclarations éventuelles. Le dossier complet, avec les attestations de transfert, se conserve sous forme papier et numérique, car il sera réclamé lors de la revente et lors de toute demande de transfert vers l'étranger.
Les questions à régler avant tout investissement depuis l'étranger
| Question | Ce qui la détermine | Démarche ou pièce utile |
|---|---|---|
| Suis je résident fiscal en Tunisie ou non ? | Les critères prévus par les textes appliqués à la situation réelle | Consultation préalable et justificatifs de résidence |
| Suis je résident ou non résident au sens des changes ? | La réglementation des changes, selon des critères qui lui sont propres | Vérification auprès de la banque et attestations d'établissement |
| Quel compte utiliser pour financer le projet ? | La qualité retenue au regard de la réglementation des changes | Ouverture du compte adapté avant le premier virement |
| Quel sera le coût fiscal de mon acquisition ? | La nature de l'acte et les tarifs en vigueur au jour de la formalité | Chiffrage écrit demandé avant tout engagement |
| Qui me représentera pour signer et pour les formalités ? | L'étendue des pouvoirs conférés par la procuration établie | Procuration légalisée et traduite, désignant l'opération |
| Mes loyers seront ils imposables en Tunisie ? | La source tunisienne du revenu et le régime applicable | Consultation préalable et suivi des obligations déclaratives |
| Pourrai je transférer le produit d'une revente ? | La traçabilité du financement initial et la réglementation des changes | Conservation de toutes les attestations bancaires de transfert |
| Comment éviter une imposition dans les deux pays ? | Les conventions conclues par la Tunisie et le droit du pays de résidence | Examen coordonné avec un conseil dans le pays de résidence |
Cas particuliers
Non résident revendant un bien acquis avant son départ de Tunisie
La revente par un non résident d'un bien acquis alors qu'il vivait en Tunisie soulève deux questions distinctes : le traitement de la plus value au regard du Code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, et les possibilités de transfert du produit au regard de la réglementation des changes. Ces deux questions se préparent ensemble, avec les pièces d'acquisition et les justificatifs de financement d'origine.
Personne binationale séjournant longuement en Tunisie
Un séjour prolongé, l'installation de la famille ou l'utilisation durable d'une habitation en Tunisie peuvent modifier l'appréciation de la situation au regard des critères de résidence. Cette évolution mérite un examen documenté, car elle change l'étendue des obligations déclaratives et l'articulation avec le pays où la personne était établie jusque là.
Héritier établi à l'étranger recueillant des biens en Tunisie
L'héritier établi à l'étranger doit organiser sa représentation par une procuration précise, faire établir sa qualité par les pièces requises et suivre les formalités successorales et fiscales en Tunisie. La conservation des actes anciens du défunt devient déterminante, notamment pour établir le prix d'acquisition en cas de revente ultérieure du bien recueilli.
Investisseur souhaitant mettre un bien en location depuis l'étranger
La mise en location depuis l'étranger suppose un suivi déclaratif régulier en Tunisie et une organisation pratique de la gestion : encaissement des loyers sur un compte adapté, conservation des baux enregistrés, suivi des taxes attachées au bien. Le sort des loyers accumulés doit être réglé dès la mise en location et non plusieurs années après.
Pour un investisseur établi à l'étranger, le dossier bancaire compte autant que le dossier juridique. Ce qui décide de la possibilité de sortir un jour le produit d'une vente se joue au moment du premier virement, pas au moment de la signature.
Les erreurs qui coûtent cher
Confondre résidence fiscale et statut de non résident au sens des changes
L'investisseur choisit un compte et un mode de financement inadaptés, ce qui complique durablement les possibilités de transfert vers l'étranger.
Ne pas conserver les attestations bancaires des transferts
L'origine des fonds ne peut plus être établie et le transfert du produit d'une revente se heurte à un dossier bancaire incomplet.
Financer une acquisition par des remises en espèces
Aucune trace ne subsiste du financement, ce qui bloque en pratique la sortie des fonds et fragilise la position de l'investisseur en cas de contrôle.
Établir une procuration rédigée en termes généraux
Le mandat est écarté par les services concernés et il faut le refaire depuis le pays de résidence, ce qui retarde l'ensemble du dossier de plusieurs semaines.
Croire qu'un investissement réalisé depuis l'étranger n'appelle aucun suivi déclaratif
Des retards s'accumulent au fil des années et la régularisation devient nécessaire au plus mauvais moment, souvent à l'occasion d'une revente.
Questions fréquentes
Un Tunisien établi à l'étranger doit il déclarer ses revenus étrangers en Tunisie ?
Tout dépend de sa qualification au regard des critères de résidence fiscale, appliqués à sa situation réelle. Cette appréciation ne se déduit pas de la seule possession d'une carte de séjour et suppose un examen documenté, avant toute décision d'investissement.
Peut on acheter un bien en Tunisie sans se déplacer ?
Oui, à condition d'établir une procuration précise, légalisée et traduite selon les exigences applicables. Ce mandat doit couvrir la signature de l'acte, le paiement du prix et l'accomplissement des formalités fiscales et foncières, faute de quoi le dossier s'arrête à mi parcours.
Les loyers perçus en Tunisie sont ils imposables en Tunisie ?
Les revenus tirés d'un immeuble situé en Tunisie sont des revenus de source tunisienne et peuvent être imposables à ce titre. Le régime applicable et les obligations déclaratives se vérifient auprès de l'administration ou du cabinet avant la mise en location.
Faut il déclarer les devises importées à l'entrée en Tunisie ?
La réglementation des changes prévoit des obligations relatives à l'importation de devises et à leur utilisation, dont les conditions et les seuils se vérifient auprès des services compétents avant le déplacement. Le respect de ces formalités conditionne les possibilités de transfert ultérieur.
Une convention de non double imposition s'applique elle automatiquement ?
Non. L'application d'une convention suppose d'identifier le texte applicable, de vérifier ses règles pour le revenu concerné et de produire les justificatifs qu'elle exige, notamment les attestations de résidence fiscale délivrées par l'État concerné.
Que faire si des obligations déclaratives ont été omises depuis plusieurs années ?
La régularisation est possible et ses modalités se vérifient auprès de l'administration ou du cabinet avant tout dépôt. Il est préférable de l'engager avant une revente ou une demande de transfert, car ces opérations mettent nécessairement la situation en lumière.
Un non résident peut il ouvrir un compte bancaire en Tunisie ?
Des catégories de comptes sont prévues pour les personnes établies à l'étranger, avec des conditions d'alimentation et d'utilisation propres. Le choix du compte se fait avant le premier virement, en fonction de la nature du projet et de la qualité de l'intéressé.
Le cabinet peut il assurer le suivi des formalités en l'absence du client ?
Oui, sur la base d'une procuration précise et d'un mandat écrit définissant les diligences confiées. Nos équipes rendent compte des étapes accomplies et transmettent les pièces obtenues, afin que le dossier du client reste complet et exploitable pour l'avenir.
Sources et vérification
- Code de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de l'impôt sur les sociétés, résidence fiscale et revenus de source tunisienne
- Réglementation des changes, comptes des personnes établies à l'étranger et transferts
- Code des droits d'enregistrement et de timbre, actes conclus depuis l'étranger et procurations
- Pratique du cabinet en accompagnement des Tunisiens résidant à l'étranger
Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 19 août 2026 par Maître Amine Messaadi.
À lire ensuite
Ce sujet relève de notre pratique en tunisiens de l'étranger. Le dossier complet se trouve dans le guide tunisiens de l'étranger.