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Céder des parts sociales en Tunisie : procédure et précautions

Céder des parts sociales suppose de respecter les clauses d'agrément et de préemption des statuts, de signer un acte écrit précisant le prix et les garanties, de faire enregistrer cet acte, puis de rendre la cession opposable à la société et aux tiers par les formalités de dépôt et de publicité au registre national des entreprises.

Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 18 août 2026, vérifié le 18 août 2026. 14 min de lecture

À retenir

  • La cession de parts se prépare dans les statuts avant de se négocier dans un acte.
  • Sans agrément régulier lorsque les statuts l'exigent, la cession est inopposable aux associés.
  • L'enregistrement de l'acte et la publicité conditionnent l'opposabilité aux tiers.
  • Le compte courant du cédant se traite séparément du prix des parts.
  • La garantie d'actif et de passif protège l'acquéreur contre les dettes nées avant la cession.

Sur quels textes cela repose

Code des sociétés commerciales
Il fixe les conditions de cession des parts sociales, les règles d'agrément selon la qualité du cessionnaire, les formalités rendant la cession opposable à la société et aux tiers, ainsi que les obligations de mise à jour des statuts.
Code des obligations et des contrats
Il régit la formation du contrat de cession, la validité du consentement, la détermination du prix, les vices du consentement et les garanties dues par le vendeur à l'acquéreur.
Législation relative au registre national des entreprises
Elle impose le dépôt des actes modifiant la répartition du capital et la mise à jour des informations publiées, condition de l'opposabilité de la cession aux tiers.

Céder ses parts ou céder le fonds de commerce, que choisir ?

Céder des parts transfère la société avec tout son passé, actif et passif compris. Céder le fonds de commerce transfère une activité et des éléments identifiés, en laissant en principe les dettes dans la société cédante.

Le choix entre les deux opérations est la première question à trancher, et elle est presque toujours posée trop tard. L'acquéreur de parts devient propriétaire d'une personne morale existante, avec ses contrats, ses agréments, son historique fiscal et social, ses litiges connus et inconnus. L'acquéreur d'un fonds de commerce reprend une clientèle, une enseigne, un droit au bail et des éléments d'exploitation, mais n'hérite pas de la même manière du passé de l'exploitant.

L'intérêt de la cession de parts tient à la continuité. Les contrats en cours, les autorisations administratives et les relations bancaires se poursuivent sans rupture puisque la personne morale ne change pas. Cette continuité est précieuse lorsque l'activité repose sur un agrément difficile à obtenir, sur un bail commercial avantageux ou sur des marchés en cours d'exécution. Elle est en revanche dangereuse lorsque le passé de la société est mal maîtrisé.

La cession de fonds de commerce obéit à des règles propres, notamment de publicité et de protection des créanciers du vendeur, qui allongent l'opération mais protègent l'acquéreur. Nos équipes examinent systématiquement les deux montages avant d'engager la négociation, car le choix conditionne le prix, les garanties, la fiscalité et le calendrier. Revenir sur ce choix après signature d'une promesse est rarement possible sans perdre l'accord obtenu.

L'agrément des autres associés est il toujours obligatoire ?

L'exigence d'agrément dépend de la forme sociale, de la qualité du cessionnaire et des statuts. Les cessions à des tiers sont plus fréquemment encadrées que les cessions entre associés ou au profit de proches du cédant.

La société à responsabilité limitée repose sur la personne des associés autant que sur les capitaux apportés. Le code des sociétés commerciales et les statuts protègent donc les associés en place contre l'entrée d'un tiers qu'ils n'ont pas choisi. Cette logique explique les clauses d'agrément, dont la portée varie selon les statuts : certaines visent toute cession, d'autres seulement les cessions à des personnes étrangères à la société ou à la famille du cédant.

La procédure d'agrément doit être suivie à la lettre. Elle commence par une notification comportant l'identité complète du cessionnaire, le nombre de parts et le prix convenu. Elle se poursuit par une décision des associés prise dans les formes et à la majorité prévues, constatée par un procès verbal. Un agrément verbal, un accord donné par courrier électronique sans décision formelle ou une décision prise sans convocation régulière fragilisent l'ensemble de l'opération.

Le refus d'agrément n'est pas nécessairement la fin du projet. Selon les statuts et les règles applicables, il peut obliger les associés ou la société à faire racheter les parts du cédant, ce qui permet à ce dernier de sortir malgré le refus. Encore faut il que la procédure ait été correctement engagée et que les délais aient été respectés, car c'est le respect de ce formalisme qui ouvre ce mécanisme de sortie.

Vérifications avant toute négociation

  • Existence et portée exacte de la clause d'agrément dans les statuts
  • Existence d'un droit de préemption au profit des associés en place
  • Majorité requise et organe compétent pour statuer sur l'agrément
  • Existence d'un pacte entre associés comportant des engagements de sortie
  • Nantissement ou saisie éventuelle grevant les parts à céder
  • Situation du compte courant du cédant dans les livres de la société

Que doit contenir l'acte de cession de parts ?

L'acte doit identifier précisément les parties, la société, les parts cédées et le prix, mais aussi porter les déclarations du cédant sur la situation de la société et les garanties consenties à l'acquéreur. Un acte de quelques lignes ne protège personne.

Beaucoup de cessions sont formalisées par un document très bref, qui se borne à constater le transfert et le prix. Ce document suffit à opérer la cession entre les parties, mais il laisse sans réponse toutes les questions qui se poseront ensuite. Qui supporte un redressement fiscal portant sur un exercice antérieur ? Que se passe t il si un litige inconnu apparaît ? Le cédant garantit il l'exactitude des comptes sur lesquels le prix a été calculé ? Un acte muet répond par le silence, au détriment de l'acquéreur.

Les déclarations du cédant constituent la colonne vertébrale de l'acte. Il déclare que les comptes présentés sont sincères, qu'il n'existe pas de litige non révélé, que les obligations fiscales et sociales ont été respectées, que les contrats importants ont été communiqués, qu'aucun engagement hors bilan n'a été dissimulé. Ces déclarations ne sont pas des formules de style : elles fondent la responsabilité du cédant si la réalité se révèle différente.

L'acte doit également régler des points pratiques souvent oubliés : la date de transfert effectif, le sort des résultats de l'exercice en cours, la démission du cédant de ses mandats sociaux, la levée des cautions personnelles qu'il a données aux banques, la remise des documents sociaux et des accès. Nos équipes traitent ces points dans l'acte lui même, car ils deviennent très difficiles à obtenir une fois le prix payé.

Comment la cession devient elle opposable à la société et aux tiers ?

La cession produit effet entre les parties dès la signature, mais elle n'est opposable à la société qu'après signification ou acceptation par celle ci, et aux tiers qu'après le dépôt et la publicité au registre national des entreprises.

La distinction entre effet entre les parties et opposabilité est la source de nombreuses déconvenues. Un acquéreur qui a payé le prix mais n'a pas fait accomplir les formalités reste inconnu de la société : il n'est pas convoqué aux assemblées, ne perçoit pas les dividendes et ne peut opposer sa qualité d'associé. Le registre national des entreprises continue de désigner le cédant, et tout partenaire qui consulte l'extrait raisonne sur cette base.

Les formalités s'enchaînent dans un ordre précis. L'acte doit d'abord être enregistré, avec paiement des droits. La cession est ensuite portée à la connaissance de la société dans les formes requises. Les statuts sont mis à jour pour refléter la nouvelle répartition du capital, puis le dossier est déposé au registre pour publicité. Chaque étape suppose des pièces particulières, et l'absence d'une seule bloque toute la chaîne.

Le cabinet conseille de conditionner le paiement du solde du prix à l'accomplissement effectif de ces formalités, ou à tout le moins d'en confier la charge à un professionnel désigné dans l'acte. Laisser au cédant le soin d'accomplir les formalités après avoir reçu l'intégralité du prix revient à espérer sa diligence sur une opération qui ne le concerne plus. Cette précaution simple évite des mois de relances.

Comment fixer le prix des parts sociales ?

Le prix résulte d'une négociation, mais il doit reposer sur une analyse de la situation réelle de la société. Les capitaux propres comptables ne suffisent pas : la rentabilité, la trésorerie, les engagements et les comptes courants pèsent au moins autant.

La première erreur consiste à raisonner sur le capital social, qui ne mesure rien d'autre que les apports initiaux. La deuxième consiste à raisonner sur les seuls capitaux propres, qui reflètent une image comptable sans tenir compte de la valeur d'exploitation ni des risques latents. Une société peut afficher des capitaux propres confortables tout en portant un contentieux prud'homal, un redressement en cours ou une dépendance à un client unique.

Le compte courant d'associé est le poste le plus souvent négligé. Lorsque le cédant a financé la société par des avances, il détient à la fois des parts et une créance sur la société. Ces deux éléments se traitent séparément : le prix des parts rémunère la propriété du capital, le remboursement du compte courant solde une dette. Confondre les deux conduit soit à surpayer les parts, soit à abandonner une créance parfois supérieure à leur valeur.

L'intervention d'un professionnel du chiffre est utile dès que la société a une activité significative. Nos équipes travaillent avec l'expert comptable de l'acquéreur pour traduire les constatations financières en clauses juridiques : ajustement de prix après arrêté des comptes, complément de prix conditionné aux résultats futurs, séquestre d'une fraction du prix pendant la durée de la garantie. La valorisation devient alors un mécanisme contractuel et non un chiffre figé.

Faut il une garantie d'actif et de passif ?

Elle est fortement recommandée dès que la société a une activité et un historique. Elle oblige le cédant à indemniser l'acquéreur si un passif dont l'origine est antérieure à la cession se révèle après celle ci.

L'acquéreur de parts achète une société telle qu'elle est, avec son passé. Un redressement fiscal portant sur un exercice antérieur, une condamnation dans un litige né avant la cession, une dette sociale non provisionnée frappent une société désormais détenue par le nouvel arrivant. Sans garantie, il supporte seul ces conséquences alors qu'il a fixé le prix sur la base d'une situation qu'on lui a présentée comme exacte.

Une garantie utile est une garantie précise. Elle définit ce qui est garanti, la période couverte, le plafond d'indemnisation, le seuil de déclenchement, la procédure de mise en jeu et les délais de notification. Une clause générale annonçant que le cédant garantit le passif antérieur sans autre précision produit un contentieux au lieu de le prévenir, car chaque terme sera discuté au moment où la garantie devra jouer.

La garantie ne vaut que si elle est mobilisable. Un cédant qui a quitté le pays, dissipé le prix ou organisé son insolvabilité ne paiera pas. C'est pourquoi la contre garantie est aussi importante que la garantie elle même : séquestre d'une part du prix, caution bancaire, paiement échelonné avec compensation possible, nantissement. Nos équipes considèrent qu'une garantie sans contre garantie est une déclaration d'intention, pas une protection.

Éléments à préciser dans la garantie

  • Nature des passifs couverts, notamment fiscaux, sociaux et judiciaires
  • Durée de la garantie, adaptée aux délais de reprise applicables
  • Plafond global et éventuel seuil de déclenchement
  • Procédure et délai de notification des réclamations au cédant
  • Modalités de gestion des contrôles et contentieux couverts
  • Contre garantie retenue : séquestre, caution bancaire ou compensation sur le prix

Quelles vérifications un acquéreur doit il conduire avant de signer ?

L'audit préalable porte sur la situation juridique, comptable, fiscale, sociale et contractuelle de la société. Son objet n'est pas seulement de fixer un prix, mais d'identifier les risques que la garantie devra couvrir.

Un audit bien conduit change la nature de la négociation. Il permet de poser des questions précises, d'exiger des explications documentées et de faire porter la discussion sur des faits plutôt que sur des impressions. Les vendeurs sérieux acceptent cette démarche et préparent une salle de documents. Un refus de communiquer, une réponse évasive sur un contrat important ou une réticence à révéler les litiges en cours constituent en eux mêmes des informations décisives.

Les points de contrôle prioritaires varient selon l'activité, mais certains sont constants : la régularité des assemblées et des approbations de comptes, la situation fiscale et sociale, l'état des engagements bancaires et des cautions, les baux et autorisations d'exploitation, les contrats de travail et les litiges en cours, la propriété effective des actifs présentés comme appartenant à la société, notamment les marques et les véhicules.

L'audit doit également porter sur la société elle même en tant que structure. Une répartition du capital qui ne correspond pas à celle publiée, des cessions antérieures dont les formalités n'ont jamais été accomplies, un gérant dont le mandat a expiré, des statuts jamais mis à jour : ces irrégularités se transmettent à l'acquéreur et devront être régularisées à ses frais. Le cabinet les traite avant la signature, en les intégrant à la négociation.

Points de contrôle de l'audit préalable

  • Régularité des assemblées et approbation des comptes des derniers exercices
  • Situation fiscale et sociale, contrôles en cours et échéanciers accordés
  • Engagements bancaires, cautions données et sûretés inscrites
  • Baux, autorisations d'exploitation et contrats commerciaux importants
  • Contentieux en cours ou annoncés, y compris avec les salariés
  • Propriété effective des actifs présentés comme appartenant à la société

Quelle fiscalité pèse sur la cession de parts sociales ?

La cession donne lieu à des droits d'enregistrement et, selon la situation du cédant et la nature du gain réalisé, à une imposition de la plus value. Le régime applicable diffère lorsque le cédant réside hors de Tunisie.

La fiscalité de l'opération doit être examinée avant la fixation du prix, et non après la signature. Le montant net que le cédant conservera dépend directement du régime applicable, et une cession négociée sans cette analyse aboutit fréquemment à une renégociation tardive, quand les parties découvrent le coût réel de l'opération. Le cabinet travaille sur ce point avec le conseil fiscal du client dès la phase de négociation.

L'enregistrement de l'acte est une obligation dont la méconnaissance produit des pénalités et bloque les formalités suivantes. Il ne s'agit pas d'une simple formalité administrative : sans acte enregistré, le dépôt au registre national des entreprises ne peut être conduit à son terme et la cession reste inopposable aux tiers. Nos équipes intègrent systématiquement cette étape et son coût dans le calendrier remis aux parties.

Lorsque le cédant réside à l'étranger, des mécanismes particuliers peuvent s'appliquer, tant en matière d'imposition que de transfert du prix hors de Tunisie. Ces mécanismes conditionnent l'opération elle même : un cédant qui ne peut pas transférer le produit de la vente n'a pas obtenu ce qu'il cherchait. Ces questions doivent être vérifiées auprès des interlocuteurs compétents avant la signature de tout engagement ferme.

Le cédant reste il responsable après la cession ?

Il cesse d'être associé, mais il reste tenu par les garanties consenties dans l'acte, par les cautions personnelles non levées et, le cas échéant, par sa responsabilité de dirigeant pour la période antérieure à la cession.

La croyance selon laquelle la signature met fin à toute obligation est largement répandue et largement fausse. Le cédant qui a garanti l'actif et le passif reste exposé pendant toute la durée de la garantie. Celui qui a dirigé la société peut être recherché pour des fautes de gestion commises avant son départ. Celui qui a cautionné les concours bancaires reste engagé tant que la banque n'a pas expressément accepté de le libérer.

La levée des cautions est le point le plus négligé. Une banque n'accepte pas automatiquement de substituer le nouveau dirigeant au cédant : elle apprécie la solvabilité du repreneur et peut refuser. Le cédant qui a signé sans traiter ce point continue de garantir sur son patrimoine personnel les engagements d'une société qu'il ne contrôle plus et dont il ignore la gestion. Cette situation produit des sinistres importants plusieurs années après la cession.

L'acte doit donc organiser la sortie complète : démission des mandats, publicité du changement de dirigeant, restitution des moyens de paiement et des accès, transfert des pouvoirs bancaires, et engagement de l'acquéreur d'obtenir la levée des cautions dans un délai déterminé, avec une sanction en cas d'inexécution. Nos équipes assortissent cet engagement d'une contre garantie, faute de quoi il reste théorique.

De la décision de céder à la cession opposable

  1. Vérifier les statuts et la situation de la société

    Clause d'agrément, clause de préemption, majorité requise, éventuel pacte entre associés, existence de nantissements sur les parts. Cette vérification détermine si la cession est libre, encadrée ou subordonnée à l'accord des autres associés, et évite de négocier une opération irréalisable.

    Statuts à jour, pacte éventuel, extrait du registre national des entreprises

  2. Notifier le projet de cession et recueillir les accords

    Le projet est notifié à la société et aux associés dans les formes prévues par les statuts, avec l'identité du cessionnaire, le nombre de parts et le prix. La notification fait courir les délais de préemption et d'agrément et constitue la preuve du respect de la procédure.

    Notification du projet, procès verbal de la décision d'agrément

  3. Auditer la société avant de signer

    L'acquéreur examine les états financiers, les contrats importants, les engagements bancaires, la situation fiscale et sociale, les litiges en cours et les comptes courants d'associés. Cet audit détermine le prix, mais surtout l'étendue des garanties qu'il faut exiger du cédant.

    États financiers, contrats, situation fiscale et sociale

  4. Négocier le prix, les garanties et le calendrier

    Le prix des parts, les modalités de paiement, la garantie d'actif et de passif, sa durée, son plafond et sa contre garantie, ainsi que le sort du compte courant du cédant. Ces points forment le cœur de la négociation et doivent être arrêtés avant la rédaction définitive.

  5. Signer l'acte de cession

    L'acte écrit identifie les parties, la société, le nombre de parts cédées, leur numérotation, le prix et ses modalités, les déclarations du cédant et les garanties consenties. Il est signé en autant d'exemplaires que nécessaire pour les formalités à venir.

    Acte de cession signé par le cédant et le cessionnaire

  6. Faire enregistrer l'acte

    L'acte est présenté à la formalité de l'enregistrement auprès de la recette des finances compétente, avec paiement des droits exigibles. L'enregistrement donne date certaine à la cession et constitue une pièce indispensable pour les formalités suivantes.

    Dans le délai légal suivant la signature

  7. Rendre la cession opposable et publier

    Signification à la société ou acceptation par elle, mise à jour des statuts et de la répartition du capital, dépôt de l'acte au registre national des entreprises et publicité. Sans ces formalités, la société peut continuer à considérer le cédant comme associé.

    Statuts mis à jour, acte enregistré, dossier de dépôt

Formalités de la cession et risques en cas d'omission

FormalitéFonctionConséquence si elle est omise
Vérification des clauses statutairesSavoir si la cession est libre ou soumise à accordCession consentie en violation des statuts, contestable par les autres associés
Notification du projet de cessionFaire courir les délais de préemption et d'agrémentProcédure irrégulière et remise en cause possible de la cession
Décision d'agrément des associésAutoriser l'entrée du cessionnaire au capitalLe cessionnaire n'est pas reconnu comme associé par les autres
Audit préalable de la sociétéMesurer le passif réel et les engagementsDécouverte de dettes après la cession, sans garantie mobilisable
Acte écrit détailléFixer le prix, les déclarations et les garantiesLitige sur le contenu exact de la cession et sur ce qui a été garanti
Enregistrement de l'acteDonner date certaine et acquitter les droitsPénalités et impossibilité de conduire les formalités suivantes
Signification ou acceptation par la sociétéRendre la cession opposable à la sociétéLa société continue de traiter le cédant comme associé
Dépôt au registre national des entreprisesRendre la cession opposable aux tiersLes tiers peuvent se prévaloir de la répartition du capital antérieure

Cas particuliers

Cédant ou acquéreur résidant à l'étranger

L'opération suppose de vérifier en amont les règles de contrôle des changes applicables à l'entrée des fonds et au transfert du prix hors de Tunisie, ainsi que les éventuelles conditions propres à la participation étrangère dans le secteur concerné. Les pièces établies à l'étranger doivent être légalisées et traduites, et la cession peut être conduite sur procuration régulièrement établie.

Cession de la totalité des parts à un acquéreur unique

Lorsque toutes les parts d'une société pluripersonnelle sont réunies entre les mains d'une seule personne, la situation doit être régularisée dans les formes prévues par le code des sociétés commerciales. L'opération se prépare en amont, faute de quoi la société se retrouve dans une situation irrégulière que les partenaires et les banques relèvent immédiatement.

Parts grevées ou situation personnelle du cédant

Des parts nanties au profit d'une banque, saisies par un créancier ou dépendant d'un régime matrimonial particulier ne se cèdent pas librement. La vérification préalable auprès du registre et l'obtention des accords nécessaires évitent une cession que le créancier ou le conjoint pourra contester ultérieurement.

Transmission après le décès d'un associé

La transmission aux héritiers obéit aux statuts et aux règles successorales. Certains statuts subordonnent l'entrée des héritiers à un agrément. Tant que la succession n'est pas réglée et la représentation de l'indivision organisée, la société risque une paralysie de ses décisions, ce qui justifie d'agir rapidement.

Une cession de parts ne se juge pas au jour de la signature mais deux ans plus tard, quand un contrôle ou un litige révèle ce que personne n'avait vérifié. La garantie et sa contre garantie valent souvent plus que la négociation sur le prix.
Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis

Les erreurs qui coûtent cher

Signer une cession sans vérifier la clause d'agrément

La cession est contestée par les autres associés et le cessionnaire se retrouve sans qualité reconnue au sein de la société.

Oublier de faire enregistrer l'acte de cession

Pénalités de retard et impossibilité d'accomplir le dépôt au registre national des entreprises, la cession restant inopposable aux tiers.

Confondre prix des parts et remboursement du compte courant

Le cédant abandonne une créance sur la société, ou l'acquéreur paie deux fois la même valeur économique.

Se contenter d'une garantie sans contre garantie

Le passif révélé après la cession ne peut être récupéré si le cédant est insolvable ou introuvable.

Quitter la société sans faire lever les cautions bancaires

Le cédant continue de garantir sur son patrimoine personnel les dettes d'une société qu'il ne dirige plus.

Questions fréquentes

Une cession de parts doit elle être faite devant notaire ?

L'acte sous seing privé est admis pour la cession de parts sociales. Le recours au notaire s'impose lorsque l'opération comporte un élément qui exige la forme authentique, notamment en présence d'un immeuble.

Peut on céder des parts à un membre de sa famille sans agrément ?

Cela dépend des statuts. Beaucoup prévoient un régime plus souple pour les cessions au conjoint, aux ascendants ou aux descendants, mais cette souplesse n'est pas automatique et doit être vérifiée dans le texte applicable.

Que devient le compte courant du cédant après la cession ?

Il reste une créance sur la société, distincte des parts cédées. Son sort doit être expressément réglé dans l'acte : remboursement immédiat, échelonné, cession au repreneur ou abandon, chaque option ayant des conséquences différentes.

Peut on annuler une cession de parts après signature ?

L'annulation suppose de démontrer un vice du consentement, notamment une réticence dolosive du cédant sur un élément déterminant. C'est une action lourde, ce qui explique l'importance des déclarations écrites dans l'acte.

Comment vérifier qui détient réellement les parts d'une société ?

L'extrait du registre national des entreprises indique la répartition publiée du capital. Il doit être recoupé avec les statuts à jour et les actes de cession antérieurs, car des cessions non publiées créent des écarts fréquents.

Un associé peut il refuser une cession sans motif ?

Lorsque les statuts exigent un agrément, les associés ne sont pas tenus de motiver leur refus. En contrepartie, des mécanismes de rachat peuvent être ouverts au cédant, à condition que la procédure ait été régulièrement suivie.

Combien de temps prend une cession de parts en Tunisie ?

L'acte peut être signé rapidement, mais l'agrément, l'audit préalable, l'enregistrement et les formalités de publicité déterminent le calendrier réel. Un dossier préparé et complet réduit sensiblement ce délai.

Le prix peut il être payé en plusieurs fois ?

Oui, à condition d'assortir l'échelonnement de garanties : nantissement des parts cédées, caution, clause de déchéance du terme en cas de défaut. Sans garantie, le cédant se retrouve créancier d'un repreneur qui détient déjà la société.

Sources et vérification

  • Code des sociétés commerciales, cession des parts sociales et agrément
  • Code des obligations et des contrats, formation du contrat et garanties du vendeur
  • Législation relative au registre national des entreprises, dépôt et publicité des actes
  • Pratique du cabinet en cessions de sociétés et opérations de reprise

Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 18 août 2026 par Maître Amine Messaadi.

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