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Compte bancaire bloqué ou clôturé en Tunisie : comprendre et réagir

Un compte peut être bloqué pour trois familles de raisons : une mesure judiciaire, une obligation de vigilance de la banque, ou une décision propre à l'établissement. La clôture est autre chose : elle met fin à la relation et suppose le respect du préavis convenu. Dans tous les cas, la première démarche consiste à faire écrire à la banque la cause exacte de sa décision.

Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 19 août 2026, vérifié le 19 août 2026. 13 min de lecture

À retenir

  • Blocage et clôture sont deux choses distinctes, avec des réponses différentes.
  • La banque doit pouvoir indiquer par écrit le fondement de sa décision.
  • Un blocage lié à la vigilance se lève par des justificatifs, pas par une discussion au guichet.
  • La clôture doit respecter le préavis prévu par la convention de compte.
  • Les prélèvements et virements permanents doivent être redirigés sans attendre, sous peine d'incidents en série.

Sur quels textes cela repose

Code de commerce
Il régit le compte bancaire, les opérations de banque, le chèque et les effets de commerce, ainsi que les conditions dans lesquelles la relation entre l'établissement et son client se noue et prend fin.
Code des obligations et des contrats
Il gouverne la convention de compte comme tout contrat : bonne foi dans l'exécution, respect des engagements pris, responsabilité de celui qui cause un dommage par sa faute ou par sa négligence.
Réglementation bancaire et circulaires de la Banque centrale de Tunisie
Elles imposent aux établissements des obligations de connaissance de la clientèle, de vigilance sur les opérations, d'information et de traitement des réclamations, et encadrent la relation de compte.

Pourquoi une banque bloque t elle un compte en Tunisie ?

Pour trois familles de raisons. Une mesure extérieure qui s'impose à elle, comme une saisie ou une décision judiciaire. Une obligation de vigilance qui l'oblige à suspendre une opération ou à réclamer des justificatifs. Ou une décision propre, fondée sur la convention de compte et sur son appréciation du risque.

Cette distinction commande toute la stratégie. Face à une mesure judiciaire, la banque n'a aucune marge : elle exécute et le débat se déplace vers celui qui a obtenu la mesure. Face à une exigence de vigilance, la solution est documentaire et se règle avec l'établissement. Face à une décision propre de la banque, la discussion porte sur la convention de compte et sur la bonne foi dans son exécution.

Le client, lui, constate le même symptôme dans les trois cas : une carte refusée, un virement rejeté, un solde inaccessible, un prélèvement impayé. C'est pourquoi la première démarche n'est pas de protester mais de qualifier. Nos équipes commencent toujours par obtenir de l'établissement un écrit indiquant la nature de la mesure et son fondement, car sans cette information aucune action utile ne peut être engagée.

Certaines causes sont sans rapport avec un quelconque reproche. Un compte resté longtemps sans mouvement, une adresse devenue inexacte, un document d'identité expiré, un changement de situation non déclaré suffisent à déclencher une restriction. Ces dossiers se règlent vite dès lors que le client se présente avec les pièces attendues, et ils représentent une part importante des situations que nous voyons.

D'autres causes sont plus sérieuses et supposent un travail de fond : opération inhabituelle au regard du profil du client, flux dont l'origine n'a pas été expliquée, conflit entre cotitulaires, litige entre associés d'une société, mesure prise dans le cadre d'un contentieux. Le point commun de ces dossiers est qu'ils ne se règlent pas au guichet et qu'ils exigent un écrit construit.

Blocage, gel et clôture : de quoi parle t on exactement ?

Le blocage suspend tout ou partie des opérations sans mettre fin à la relation. Le gel immobilise des sommes déterminées, généralement dans le cadre d'une mesure. La clôture met fin à la convention de compte et suppose le respect du préavis convenu ainsi que la restitution du solde.

La confusion de vocabulaire n'est pas anodine, parce que chaque situation ouvre des réponses différentes. Un compte bloqué reste ouvert : les fonds y demeurent, la relation subsiste et la levée de la mesure rétablit le fonctionnement normal. Un compte clôturé disparaît : le solde doit être mis à disposition du titulaire, les moyens de paiement sont restitués et la relation prend fin.

Le blocage peut être total ou partiel. Il arrive qu'une banque autorise les encaissements mais refuse les retraits, ou qu'elle suspende seulement une opération précise en attendant des justificatifs. Cette nuance est importante pour organiser la période intermédiaire, car elle détermine ce que le client peut encore faire et ce qu'il doit impérativement reporter sur un autre compte.

Le gel, lorsqu'il résulte d'une mesure d'exécution ou d'une décision de justice, ne dépend pas de la banque. Elle joue le rôle de tiers détenteur des fonds et se contente d'appliquer ce qui lui est notifié. Toute réclamation adressée à l'établissement dans cette configuration est vouée à l'échec : c'est la mesure elle même qu'il faut contester, devant le juge qui l'a autorisée.

La clôture, enfin, se subdivise. Elle peut être demandée par le client, décidée par la banque, ou résulter d'un événement comme le décès du titulaire. Chacune de ces hypothèses obéit à ses propres règles quant au préavis, au sort des opérations en cours et à la restitution du solde. Il faut donc lire la convention de compte avant de discuter.

Les questions à poser pour qualifier la situation

  • Le compte est il bloqué ou définitivement clôturé ?
  • La mesure vient elle de la banque ou lui a t elle été notifiée ?
  • Le blocage est il total ou limité à certaines opérations ?
  • Une somme précise est elle immobilisée, ou l'ensemble du solde ?
  • Un courrier de notification a t il été adressé, et à quelle adresse ?
  • Un délai de régularisation a t il été indiqué au client ?

Quelles obligations de vigilance justifient une demande de justificatifs ?

La réglementation bancaire et les circulaires de la Banque centrale de Tunisie imposent aux établissements de connaître leur clientèle, de tenir les dossiers à jour et de surveiller la cohérence des opérations. Une demande de documents n'est donc pas une suspicion personnelle, c'est une obligation professionnelle.

Ces obligations se déploient à trois moments. À l'ouverture, l'établissement identifie le client, recueille les pièces et constitue un profil : activité, revenus, nature des flux attendus. Pendant la relation, il actualise ces informations. Enfin, il examine les opérations qui s'écartent du profil enregistré, ce qui explique qu'un virement inhabituel déclenche parfois une demande d'explication immédiate.

Comprendre cette logique change la manière de répondre. Un client qui s'indigne et refuse de produire des pièces s'installe dans le blocage. Un client qui explique par écrit l'origine des fonds, joint le contrat de vente, la facture, l'acte de succession ou le justificatif du transfert reçu de l'étranger, obtient généralement la levée de la mesure sans contentieux. La qualité du dossier fait tout.

Les situations les plus fréquentes sont prévisibles. Une somme importante reçue après la vente d'un bien, un flux venu de l'étranger, l'encaissement de plusieurs chèques successifs, une activité professionnelle nouvelle non déclarée à la banque, des retraits répétés sans rapport avec les habitudes du compte. Dans chaque cas, une note explicative datée et deux ou trois pièces suffisent le plus souvent.

Ces obligations ne donnent pas pour autant à l'établissement un pouvoir sans limite. Une banque qui maintient un blocage alors que les justificatifs ont été fournis, qui n'indique aucun motif, qui ne répond pas aux réclamations ou qui laisse le client sans accès à ses fonds pendant une durée déraisonnable expose sa responsabilité selon les règles du Code des obligations et des contrats.

Que devient l'argent pendant le blocage et quelles opérations restent possibles ?

Les fonds restent la propriété du titulaire : ils ne sont pas confisqués, seulement rendus indisponibles. Selon l'étendue de la mesure, les encaissements peuvent continuer alors que les retraits sont suspendus, ce qui crée des situations difficiles à gérer au quotidien.

Cette précision rassure les clients, mais elle ne règle pas leur problème immédiat. Un salarié dont le compte est bloqué le jour du versement de sa rémunération se retrouve sans moyen de paiement, avec des échéances qui tombent et une famille à faire vivre. La priorité n'est donc pas juridique mais pratique : identifier un canal de paiement de remplacement et prévenir les créanciers les plus sensibles.

Il faut ensuite recenser précisément ce qui va tomber sur le compte. Prélèvements de crédit, loyers, primes d'assurance, factures d'eau et d'électricité, abonnements, virements permanents vers des proches. Chaque rejet produit des frais et parfois un incident chez le bénéficiaire, avec des conséquences qui survivent longtemps à la levée du blocage. Une liste écrite, établie dès le premier jour, évite l'essentiel de ces dégâts.

La question des chèques mérite un traitement à part. Un chèque émis avant le blocage et présenté pendant celui ci peut être rejeté, avec les conséquences propres que le Code de commerce attache au chèque sans provision. C'est le point le plus dangereux de la période, et il justifie d'informer immédiatement les bénéficiaires des chèques en circulation pour convenir avec eux d'un autre mode de règlement.

Enfin, il faut documenter le préjudice au fil de l'eau. Frais de rejet prélevés, pénalités réclamées par des créanciers, contrat perdu, échéance de crédit devenue impayée, incident inscrit quelque part : chaque conséquence doit être conservée avec sa pièce justificative. C'est ce dossier, constitué jour après jour, qui permettra de chiffrer une réparation si la décision de la banque se révèle injustifiée.

Les urgences à traiter dès le premier jour

  • Recenser les prélèvements et virements permanents domiciliés sur le compte
  • Prévenir l'employeur ou le payeur pour rediriger les versements
  • Informer les bénéficiaires des chèques encore en circulation
  • Régler autrement les échéances de crédit et d'assurance
  • Conserver chaque avis de rejet et chaque frais prélevé
  • Noter par écrit la date et le contenu de chaque échange avec la banque

La banque peut elle clôturer un compte sans donner de motif ?

La relation de compte peut prendre fin à l'initiative de l'un ou l'autre, mais la banque doit respecter la convention signée, notamment le préavis qu'elle prévoit, restituer le solde et exécuter cette rupture de bonne foi. Une clôture brutale n'est pas sans conséquence pour l'établissement.

Le point de départ est la convention de compte, que peu de clients conservent et que presque personne ne relit. Elle fixe les conditions de la rupture, la durée du préavis, le sort des opérations en cours et les modalités de restitution du solde. C'est le premier document que nos équipes demandent, car la discussion juridique se construit sur son texte et non sur des principes généraux.

Le respect du préavis est essentiel. Il a une fonction concrète : permettre au client d'ouvrir un compte ailleurs, de rediriger ses versements, de faire migrer ses prélèvements et de retirer ses chèques de la circulation. Une clôture notifiée sans préavis, ou avec un préavis privé de tout effet utile, cause un dommage identifiable et se discute sur ce terrain.

La restitution du solde est indépendante du reste. Même lorsque la clôture est régulière, l'établissement doit mettre les fonds à disposition du titulaire et lui remettre les relevés correspondants. Le refus ou le retard prolongé de restitution, sans mesure judiciaire pour le justifier, est l'un des rares cas où l'action se présente de manière simple et où la mise en demeure produit un effet rapide.

Il existe des cas où la clôture est la moins mauvaise solution pour tout le monde. Lorsque la relation est durablement dégradée, il est parfois plus efficace de négocier une sortie ordonnée, avec un délai réel, la restitution du solde et la remise de l'historique du compte, plutôt que de conduire une procédure pour maintenir une relation qui ne fonctionnera plus.

Que faire lorsque plus aucune banque n'accepte d'ouvrir un compte ?

La situation est fréquente après une clôture ou un incident, et elle est lourde de conséquences puisque de nombreuses démarches supposent un compte. Il faut documenter chaque refus par écrit, puis porter la difficulté devant l'établissement en cause et devant les canaux de réclamation prévus par la réglementation bancaire.

La première erreur consiste à multiplier les demandes verbales dans plusieurs agences. Un refus opposé au guichet, sans écrit, n'existe pas juridiquement et ne pourra jamais être invoqué. Il faut au contraire déposer une demande écrite d'ouverture, avec les pièces, et solliciter une réponse écrite. C'est cette réponse, ou son absence, qui construit le dossier.

La deuxième étape consiste à comprendre l'origine du blocage général. Un incident inscrit dans un fichier, une clôture antérieure mal réglée, un contentieux de chèque non régularisé, une inscription liée à un impayé : la cause est presque toujours identifiable, et c'est elle qu'il faut traiter en priorité. Tant qu'elle subsiste, les refus se répéteront d'un établissement à l'autre.

La régularisation passe souvent par le règlement du différend d'origine : payer ou négocier la dette, obtenir une attestation de règlement, faire corriger une inscription erronée, produire les justificatifs manquants. Ce travail est moins spectaculaire qu'une procédure contre une banque, mais il est nettement plus efficace pour retrouver l'accès aux services bancaires.

Le cabinet accompagne enfin la démarche auprès des canaux de réclamation prévus par la réglementation bancaire et les circulaires de la Banque centrale de Tunisie. Une réclamation écrite, précise, appuyée sur les refus documentés et sur les pièces établissant la situation du client, obtient des résultats que des visites répétées en agence ne produiront jamais.

Comment contester utilement un blocage ou une clôture ?

En trois temps : une réclamation écrite au service compétent de l'établissement, une mise en demeure signifiée par huissier notaire, puis la saisine du juge pour obtenir la mainlevée, la restitution du solde et la réparation du préjudice subi.

La réclamation écrite est la pièce fondatrice. Elle doit exposer les faits dans l'ordre, joindre les pièces numérotées, rappeler les démarches déjà accomplies et formuler une demande précise. Une lettre qui exprime seulement l'exaspération du client n'obtient rien. Une lettre qui démontre que les justificatifs ont été fournis, avec les dates, place l'établissement devant une difficulté qu'il doit traiter.

La mise en demeure signifiée par huissier notaire constitue le point de bascule. Elle donne date certaine à la demande, elle chiffre le préjudice, elle fixe un délai et elle démontre au juge que la voie amiable a été tentée sérieusement. Dans les dossiers bancaires, cet acte suffit fréquemment à débloquer une situation restée sans réponse pendant des semaines.

L'action judiciaire vient ensuite, avec des demandes qu'il faut articuler soigneusement : mainlevée de la mesure, restitution du solde, remise des relevés et de l'historique, réparation du préjudice matériel chiffré et, selon les circonstances, du préjudice résultant de la brutalité de la rupture. Le juge apprécie la conduite de l'établissement au regard de la convention et de la bonne foi.

Une réserve doit être formulée. Lorsque le blocage résulte d'une mesure notifiée à la banque, aucune action contre elle n'aboutira, puisqu'elle ne fait qu'exécuter. Le dossier se déplace alors vers la contestation de la mesure elle même et vers celui qui l'a obtenue, ce qui suppose un examen préalable pour ne pas engager des frais dans la mauvaise direction.

Ce que doit contenir la réclamation écrite

  • Identification du compte et du titulaire, avec les références exactes
  • Chronologie datée des faits et des échanges avec l'agence
  • Liste numérotée des pièces déjà remises et de celles qui sont jointes
  • Rappel des stipulations de la convention de compte invoquées
  • Description chiffrée des conséquences subies, pièces à l'appui
  • Demande précise, avec un délai de réponse indiqué

Quelles précautions prendre pour éviter un nouveau blocage ?

Tenir son dossier client à jour, annoncer les opérations inhabituelles avant qu'elles ne surviennent, conserver la trace de l'origine des fonds et ne jamais laisser sans réponse un courrier de sa banque. La plupart des blocages que nous voyons étaient évitables.

L'actualisation du dossier est la mesure la plus simple et la plus négligée. Une pièce d'identité renouvelée, un changement d'adresse, un mariage, une nouvelle activité professionnelle, un changement de numéro de téléphone : chaque évolution doit être communiquée à l'agence. Un dossier à jour évite la restriction automatique et garantit surtout que les courriers importants parviendront bien au client.

Annoncer les opérations inhabituelles à l'avance transforme complètement la relation. Un client qui prévient son agence qu'il va recevoir le prix de la vente d'un appartement, un transfert depuis l'étranger ou le règlement d'un marché, et qui remet spontanément le contrat correspondant, ne subit pas de blocage. Celui qui laisse arriver la somme sans explication déclenche mécaniquement une demande de justification.

La conservation des justificatifs relève de la même logique. Actes de vente, contrats, factures, décisions de justice, documents successoraux, attestations de transfert : ces pièces expliquent l'origine des fonds et doivent rester accessibles pendant des années. Une somme parfaitement légitime devient suspecte lorsque son titulaire n'est plus en mesure d'expliquer d'où elle vient.

Enfin, aucun courrier de la banque ne doit rester sans réponse. Une demande de mise à jour ignorée pendant plusieurs semaines se transforme en restriction, puis en blocage, puis parfois en clôture. Répondre par écrit, même pour demander un délai ou une précision, coûte peu et évite l'engrenage que nos équipes voient se refermer dans un grand nombre de dossiers.

Réagir méthodiquement à un compte bloqué ou clôturé

  1. Faire préciser par écrit la nature et la cause de la décision

    La première question est de savoir si le compte est bloqué ou clôturé, et pour quel motif. Une demande écrite déposée à l'agence, avec accusé de réception, oblige l'établissement à se positionner. Une réponse verbale au guichet ne sert à rien : elle ne peut être ni vérifiée, ni opposée, ni produite plus tard.

    Dès la découverte du blocage Demande écrite remise contre décharge ou adressée avec accusé de réception

  2. Rassembler les courriers et les relevés

    Il faut reconstituer la chronologie : convention de compte, courriers reçus, notifications, dernier relevé disponible, opérations rejetées et dates. Ces pièces révèlent souvent la cause réelle, notamment une demande de justificatifs restée sans réponse ou une notification adressée à une ancienne adresse.

    Convention de compte, courriers de la banque, relevés des derniers mois

  3. Répondre point par point aux demandes de justificatifs

    Lorsque le blocage provient d'un dossier client incomplet ou d'une opération jugée inhabituelle, la sortie est documentaire. Pièces d'identité à jour, justificatif de domicile, justification de l'origine des fonds, contrat ou facture à l'appui de l'opération litigieuse, accompagnés d'une note explicative claire.

    Dans le délai indiqué par la banque Justificatifs demandés et note explicative datée

  4. Sécuriser sans attendre les paiements en cours

    Salaires domiciliés, échéances de crédit, loyers, primes d'assurance, abonnements : chaque prélèvement rejeté produit des frais et parfois un incident chez le créancier. Il faut informer les organismes concernés, communiquer de nouvelles coordonnées bancaires et régler autrement les échéances les plus sensibles.

    Immédiatement, sans attendre l'issue du litige Liste des prélèvements et virements permanents en cours

  5. Saisir le service chargé des réclamations

    Une réclamation écrite adressée au siège, distincte de la discussion avec l'agence, déclenche un traitement formalisé et laisse une trace. Elle doit exposer les faits, joindre les pièces, rappeler les démarches déjà accomplies et formuler une demande précise : lever le blocage, restituer les fonds, ou justifier la décision.

    Après l'absence de réponse utile de l'agence Réclamation écrite avec pièces et récapitulatif des démarches

  6. Faire signifier une mise en demeure

    Lorsque la réclamation reste sans effet, la mise en demeure signifiée par huissier notaire change le registre. Elle donne date certaine à la demande, elle chiffre le préjudice subi, elle somme l'établissement d'agir dans un délai déterminé et elle constitue la pièce d'entrée du dossier judiciaire.

    Délai fixé dans l'acte lui même Procès verbal de signification

  7. Saisir le juge pour la restitution et la réparation

    L'action peut viser la mainlevée du blocage, la restitution du solde, la remise des relevés et la réparation du préjudice causé par une décision injustifiée ou par une clôture sans respect du préavis. Le dossier vaut ce que valent les écrits accumulés depuis la première demande.

    Ensemble du dossier écrit et évaluation chiffrée du préjudice

Selon la cause, ce qui débloque réellement la situation

Cause du blocageCe que la banque attendVoie de sortie
Dossier client incompletPièces d'identité et coordonnées à jourRégularisation documentaire à l'agence
Origine des fonds non justifiéeExplication écrite et pièces sur l'opérationNote explicative documentée
Opération jugée inhabituelleCohérence avec le profil déclaréMise à jour du profil et justificatifs
Mesure judiciaire ou saisieUn titre ou une décision opposableContestation ou règlement de la dette
Décès du titulaireJustification de la qualité des ayants droitRèglement de la succession
Compte resté sans mouvementReprise du contact avec le titulaireRéactivation ou transfert des avoirs
Conflit entre cotitulaires ou associésUn accord ou une décision qui trancheAccord écrit ou décision de justice
Clôture décidée par la banqueRespect du préavis convenuContestation ou transfert vers un autre établissement

Cas particuliers

Le titulaire réside à l'étranger

Les comptes des Tunisiens établis hors du pays sont particulièrement exposés, pour deux raisons : les courriers de mise à jour arrivent à une adresse locale qui n'est plus la bonne, et les flux venus de l'étranger déclenchent plus facilement une demande de justification. Deux précautions s'imposent : déclarer une adresse de correspondance fiable et un moyen de contact actif, et faire précéder tout transfert important d'une information écrite à l'agence. Une procuration donnée au cabinet permet ensuite de conduire les démarches et le contentieux sans se déplacer.

Le compte est joint ou détenu par plusieurs cotitulaires

Un différend entre cotitulaires, une séparation, une succession ouverte conduisent fréquemment à une immobilisation, la banque refusant d'arbitrer entre deux personnes qui la sollicitent en sens contraire. La sortie passe par un accord écrit signé de tous, ou par une décision qui tranche le désaccord. Tant que la situation reste ambiguë, l'établissement conserve une position d'attente qu'il est difficile de lui reprocher.

Le compte d'une société est bloqué

La cause est souvent interne : mandat du gérant expiré, conflit entre associés, dépôt à la banque de deux jeux de documents contradictoires, changement de représentant légal non publié. La banque se protège en suspendant les mouvements. La solution est de régulariser la situation sociale, de produire les documents à jour et, en cas de conflit persistant, de faire trancher la question de la représentation avant de discuter avec l'établissement.

Le titulaire du compte est décédé

Le décès entraîne une immobilisation des avoirs le temps que les ayants droit justifient de leur qualité et que la situation successorale soit réglée. Certaines opérations liées aux frais et aux dettes du défunt peuvent être traitées différemment selon les pièces produites. Il faut réunir les documents successoraux avant de solliciter la banque, car une demande présentée sans ces pièces prolonge inutilement le blocage.

Dans un compte bloqué, la première chose à obtenir n'est pas la levée de la mesure, c'est un écrit disant pourquoi elle a été prise. Sans cette phrase, on discute pendant des semaines sans savoir contre quoi l'on se défend.
Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis

Les erreurs qui coûtent cher

Se contenter d'explications verbales obtenues au guichet

Aucune trace n'existe, la cause reste incertaine et le dossier ne progresse pas.

Refuser de produire les justificatifs demandés par principe

Le blocage se prolonge alors qu'il pouvait être levé par deux pièces et une note explicative.

Laisser tomber les prélèvements et les chèques sur un compte bloqué

Les rejets s'accumulent, avec des frais, des pénalités et des incidents chez les créanciers.

Attaquer la banque alors que le blocage résulte d'une mesure qui lui a été notifiée

L'action est engagée contre le mauvais adversaire et les frais sont exposés en vain.

Ignorer un courrier de mise à jour du dossier client

Une simple demande administrative se transforme en restriction, puis en blocage du compte.

Questions fréquentes

La banque doit elle me dire pourquoi mon compte est bloqué ?

Elle doit pouvoir indiquer le fondement de sa décision, et une demande écrite l'oblige en pratique à se positionner. Certaines mesures notifiées par une autorité limitent ce qu'elle peut expliquer, mais elle reste tenue de vous dire s'il s'agit d'une mesure extérieure ou d'une décision qui lui est propre.

Mon argent est il perdu pendant le blocage ?

Non. Les fonds restent votre propriété et demeurent inscrits au compte : ils sont seulement rendus indisponibles. Le problème est pratique plus que juridique, et il se traite en organisant sans attendre un canal de paiement de remplacement pour les échéances les plus sensibles.

Combien de temps un blocage peut il durer ?

Cela dépend de sa cause. Une régularisation documentaire se règle rapidement dès que les pièces sont complètes. Une mesure judiciaire dure autant que la procédure qui la fonde. Un blocage maintenu sans motif au delà d'une durée raisonnable engage en revanche la responsabilité de l'établissement.

La banque peut elle clôturer mon compte du jour au lendemain ?

La rupture doit respecter la convention de compte, notamment le préavis qu'elle prévoit, et s'exécuter de bonne foi. Une clôture notifiée sans laisser au client le temps d'ouvrir un compte ailleurs et de rediriger ses opérations cause un préjudice identifiable qui peut être réclamé.

Que devient le solde après une clôture ?

Il doit être mis à votre disposition, avec la remise des relevés correspondants. Le refus ou le retard prolongé de restitution, sans mesure judiciaire pour le justifier, se traite par une réclamation écrite puis par une mise en demeure signifiée par huissier notaire.

Mes prélèvements automatiques continuent ils sur un compte bloqué ?

Ils sont présentés mais généralement rejetés, avec des frais et parfois des pénalités du créancier. Il faut donc recenser immédiatement tous les prélèvements et virements permanents, prévenir les organismes concernés et régler autrement les échéances de crédit, de loyer et d'assurance.

Pourquoi ma banque me demande t elle de justifier l'origine de mes fonds ?

Parce que la réglementation bancaire et les circulaires de la Banque centrale de Tunisie lui imposent de connaître sa clientèle et de vérifier la cohérence des opérations avec le profil enregistré. Une note explicative accompagnée du contrat, de l'acte de vente ou du justificatif de transfert suffit le plus souvent.

Puis je agir contre ma banque depuis l'étranger ?

Oui. Une procuration donnée au cabinet permet de conduire la réclamation, la mise en demeure et l'action judiciaire sans se déplacer. Il est utile d'y joindre une adresse de correspondance en Tunisie, afin que les notifications de l'établissement parviennent effectivement à un destinataire.

Sources et vérification

  • Code de commerce, compte bancaire, opérations de banque et chèque
  • Code des obligations et des contrats, exécution de bonne foi et responsabilité contractuelle
  • Réglementation bancaire et circulaires de la Banque centrale de Tunisie relatives à la connaissance de la clientèle et au traitement des réclamations
  • Pratique du cabinet en contentieux de la relation bancaire

Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 19 août 2026 par Maître Amine Messaadi.

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Ce sujet relève de notre pratique en bancaire et financier. Le dossier complet se trouve dans le guide argent et litiges.

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