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Avocat pour une expulsion à Tunis : ce qu'il fait et ce qu'il ne peut pas faire

Un avocat prépare le décompte, fait signifier la mise en demeure, saisit le tribunal du lieu de l'immeuble et demande la résiliation puis l'expulsion. Il ne peut ni reprendre le logement par la force ni fixer la date de sortie. L'exécution appartient à l'huissier notaire, sur jugement signifié.

Par Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis. Publié le 18 août 2026, vérifié le 18 août 2026. 13 min de lecture

À retenir

  • Aucune expulsion n'est licite sans décision de justice, quel que soit le montant impayé.
  • La mise en demeure signifiée par huissier notaire est la première pièce du dossier.
  • Demander en même temps le paiement, la résiliation et l'expulsion évite une seconde procédure.
  • L'exécution matérielle relève de l'huissier notaire, jamais de l'avocat ni du propriétaire.
  • Un dossier engagé tôt, avec un décompte clair, avance nettement plus vite.

Sur quels textes cela repose

Code des obligations et des contrats
Il régit le contrat de louage, l'obligation du locataire de payer le loyer et de jouir des lieux en bon père de famille, ainsi que les conditions dans lesquelles l'inexécution ouvre la résolution du contrat.
Code de procédure civile et commerciale
Il fixe la compétence du tribunal du lieu de l'immeuble, les formes de la signification, le caractère exécutoire des décisions et les voies d'exécution confiées à l'huissier notaire.
Loi portant organisation de la profession d'avocat
Elle encadre la mission de représentation et d'assistance, l'obligation de conseil, la convention écrite d'honoraires et l'interdiction de promettre un résultat au client.

À quel moment faut il consulter un avocat pour une expulsion ?

Dès les premiers impayés ou dès que l'occupation devient irrégulière, avant que la dette ne dépasse la capacité de paiement de l'occupant. Consulter après un an d'impayés réduit fortement les chances de recouvrer quoi que ce soit.

Le réflexe le plus courant consiste à patienter. Le propriétaire accepte une promesse, puis une deuxième, laisse passer un mois de plus par crainte du conflit ou par égard pour une situation familiale difficile. Chaque mois écoulé produit deux effets défavorables : la dette devient irrécouvrable en pratique, et le logement se dégrade sans qu'aucune garantie ne suffise à couvrir la remise en état.

Consulter tôt ne signifie pas engager immédiatement une procédure. Une consultation permet souvent de comprendre que la situation peut se régler par un échéancier écrit, plus utile qu'un jugement contre un débiteur insolvable. Elle permet aussi de vérifier que le bail, les quittances et les preuves de paiement forment un ensemble cohérent, ce qui n'est pas toujours le cas.

Il existe un second moment critique, celui où l'occupant cesse de répondre. Le silence prolongé annonce presque toujours un départ sans règlement ou une occupation qui va s'installer. À ce stade, la mise en demeure signifiée par huissier notaire a une double fonction : elle tente la régularisation et elle fixe la date à partir de laquelle la situation est officiellement contestée.

Enfin, un propriétaire qui envisage de reprendre son logement pour un motif légitime doit consulter avant d'agir, et non après. Le formalisme du congé, sa forme, son destinataire et son contenu décident de sa validité. Un congé irrégulier oblige à tout recommencer, et l'occupant en tire un argument que le tribunal prend au sérieux.

Que fait concrètement l'avocat dans un dossier d'expulsion ?

Il qualifie l'occupation, construit le décompte, fait signifier la mise en demeure, saisit le tribunal en demandant le paiement, la résiliation et l'expulsion, puis suit la signification du jugement et son exécution par l'huissier notaire.

Le premier travail est de qualification. Un locataire avec bail écrit, un locataire sans écrit, un occupant entré du vivant d'un propriétaire décédé, un sous locataire non autorisé et un commerçant titulaire d'un bail commercial ne relèvent pas des mêmes règles. Cette qualification détermine la demande à former et la juridiction à saisir, et elle se fait sur pièces, pas sur ce que les parties croient être leur situation.

Le deuxième travail est probatoire. Le décompte mois par mois est la pièce maîtresse de ces dossiers. Il doit concorder avec les relevés bancaires, les quittances remises et le montant du bail. Un décompte approximatif déplace le débat sur les chiffres, alors qu'un décompte irréprochable oblige l'occupant à discuter le principe même de sa dette, terrain sur lequel il est bien moins à l'aise.

Le troisième travail est procédural. La demande doit couvrir tous les chefs utiles : arriérés, résiliation, expulsion, indemnité d'occupation jusqu'à libération effective, et dégradations lorsqu'elles sont établies. Un chef oublié ne se rattrape pas et impose une nouvelle instance, avec le temps que cela suppose. C'est l'erreur la plus coûteuse dans ces dossiers.

Le quatrième travail est celui du suivi. Signification du jugement, sollicitation de l'huissier notaire, coordination des opérations d'expulsion, puis engagement du recouvrement des sommes dues. Beaucoup de propriétaires pensent que le jugement met fin à l'affaire. En réalité, la phase d'exécution demande autant d'attention que la phase judiciaire.

Actes accomplis par l'avocat

  • Analyse du bail et qualification de l'occupation
  • Construction du décompte des loyers et des charges
  • Rédaction de la mise en demeure signifiée par huissier notaire
  • Rédaction et dépôt de la demande devant le tribunal compétent
  • Réponse aux moyens de défense soulevés par l'occupant
  • Suivi de la signification du jugement et des opérations d'exécution

Qu'est ce qu'un avocat ne peut pas faire dans un dossier d'expulsion ?

Il ne peut ni faire sortir un occupant lui même, ni garantir une date de libération, ni promettre l'issue du dossier. L'exécution matérielle relève de l'huissier notaire et la décision appartient au juge.

La limite la plus importante tient à l'exécution. Un avocat obtient une décision, il ne libère pas des lieux. Les opérations matérielles, l'ouverture des portes, l'inventaire des meubles, la remise des clés, relèvent de l'huissier notaire agissant dans les formes prévues par la loi. Un client qui attend de son avocat qu'il intervienne physiquement attend une chose qui n'existe pas et qui serait illicite.

La deuxième limite tient au calendrier. Personne ne maîtrise la date d'une audience, le nombre de renvois demandés par la partie adverse, ni le rythme d'une juridiction. Un avocat peut décrire un déroulé habituel, il ne peut pas s'engager sur une date de libération. Une promesse de ce type serait contraire aux règles de la profession et elle prépare une déception certaine.

La troisième limite tient au résultat. Le juge peut accorder des délais à un occupant de bonne foi en considération de sa situation, il peut réduire une demande, il peut apprécier différemment une preuve. Ces aléas font partie de tout dossier. Le rôle de l'avocat est de les exposer clairement au départ, pas de les taire pour obtenir une mission.

La quatrième limite est déontologique. Un avocat ne peut pas conseiller ni couvrir une reprise du logement par la force, même face à une dette lourde et à un occupant manifestement de mauvaise foi. Il doit au contraire en dissuader son client, parce que cette voie transforme un dossier solide en dossier perdu, et expose le propriétaire à des poursuites.

Ce qui sort du rôle de l'avocat

  • Procéder lui même à l'expulsion ou faire enlever des meubles
  • Garantir une date précise de libération des lieux
  • Promettre l'issue du dossier ou le montant qui sera obtenu
  • Conseiller de changer la serrure ou de couper les fluides
  • Se substituer à l'huissier notaire pour signifier un acte
  • Représenter en même temps le propriétaire et l'occupant

Quelles pièces faut il apporter au premier rendez vous ?

Le bail, les preuves de paiement, l'ensemble des échanges avec l'occupant et tout constat déjà réalisé. Avec ces pièces, le cabinet peut annoncer dès la première consultation si le dossier est en état d'être engagé.

Le contrat de bail est la pièce centrale lorsqu'il existe. Il fixe le montant, la durée, la destination des lieux et les obligations de chacun. Même un bail ancien, non renouvelé formellement, garde une valeur probatoire importante. Il faut l'apporter tel quel, avec ses avenants et ses annexes, sans chercher à écarter les clauses que l'on croit défavorables.

Les preuves de paiement forment le deuxième bloc. Relevés bancaires montrant les virements reçus, quittances remises, reçus manuscrits. Elles permettent de bâtir le décompte, mais elles servent aussi à établir le montant réel du loyer lorsqu'aucun écrit n'existe. Des virements réguliers d'un montant identique constituent souvent la meilleure preuve indirecte de ce qui avait été convenu.

Les échanges avec l'occupant comptent davantage qu'on ne l'imagine. Messages, courriers, promesses de règlement, reconnaissances partielles de dette : ces éléments établissent la mauvaise foi ou, à l'inverse, la réalité d'un accord. Il ne faut pas les trier avant la consultation, car un message que le propriétaire juge anodin est parfois celui qui emporte la conviction du tribunal.

Enfin, tout constat déjà réalisé doit être produit. État des lieux d'entrée, photographies datées, constat d'huissier notaire. En leur absence, les dégradations deviennent très difficiles à imputer à l'occupant. Lorsque rien n'existe, le cabinet recommande souvent de faire établir un constat avant même d'engager la procédure, pour fixer la situation pendant qu'elle est constatable.

Documents à apporter

  • Contrat de bail, avenants et annexes
  • Relevés bancaires et quittances établissant les paiements
  • Messages et courriers échangés avec l'occupant
  • État des lieux d'entrée et photographies datées
  • Mise en demeure déjà envoyée, le cas échéant
  • Titre de propriété du logement

Qui exécute réellement l'expulsion, l'avocat ou l'huissier notaire ?

L'huissier notaire. Il agit sur la base d'un jugement signifié et dans les formes prévues par la loi. L'avocat prépare la décision, la fait signifier et suit l'exécution, sans y participer matériellement.

La répartition des rôles est stricte et elle protège tout le monde, y compris le propriétaire. L'huissier notaire est l'officier chargé des significations et des voies d'exécution. C'est lui qui délivre la mise en demeure, qui signifie le jugement, qui procède aux opérations d'expulsion et qui dresse le procès verbal de ces opérations. Sa présence donne à chaque acte une date et une force que rien d'autre ne remplace.

L'avocat, lui, construit la décision qui rend cette exécution possible. Il choisit les demandes, réunit les preuves, saisit la juridiction compétente et répond aux moyens adverses. Une fois le jugement obtenu, il ne se retire pas pour autant : il veille à ce que la signification soit régulière, ce qui conditionne l'exécution, et il coordonne les démarches avec l'huissier notaire.

L'expert intervient dans une partie seulement des dossiers, lorsqu'une évaluation est nécessaire, par exemple pour chiffrer des dégradations ou une valeur locative contestée. Son rapport éclaire le juge sur des faits techniques, il ne tranche pas la question de droit. Le solliciter trop tard oblige parfois à demander un renvoi et allonge inutilement la procédure.

Le propriétaire, enfin, a un rôle précis : fournir les pièces, ne rien entreprendre de son côté, et rester joignable pendant la phase d'exécution. Les dossiers qui dérapent sont presque toujours ceux où le propriétaire, lassé d'attendre, prend une initiative personnelle sur les lieux et détruit en une journée le bénéfice de plusieurs mois de procédure régulière.

Peut on faire expulser un occupant sans bail écrit ?

Oui. L'absence d'écrit ne rend pas l'occupation régulière ni la procédure impossible. Il faut établir la nature de l'occupation et son irrégularité par tout moyen, virements, témoignages, échanges écrits.

Beaucoup de locations reposent sur un accord verbal, parfois ancien, entre personnes qui se connaissent. La difficulté n'est pas la validité de l'accord, qui reste opposable, mais la preuve de son contenu. Celui qui réclame doit établir ce qui avait été convenu, notamment le montant du loyer et la destination des lieux, avant de pouvoir invoquer une inexécution.

Les virements réguliers d'un montant identique constituent l'élément le plus solide. À défaut, les quittances manuscrites, les messages où l'occupant reconnaît devoir une somme, les attestations de voisins sur la durée d'occupation et les factures d'eau ou d'électricité établies au nom de l'occupant permettent de reconstituer la relation. Le cabinet consacre souvent la première phase du dossier à ce travail.

La situation est différente lorsque l'occupant n'a jamais eu de titre : entré par tolérance, maintenu après le décès d'un propriétaire, ou installé sans autorisation. La demande ne porte alors pas sur la résiliation d'un bail mais sur la libération de lieux occupés sans droit, avec une indemnité d'occupation. La qualification exacte change la rédaction de la demande.

Dans tous les cas, la règle demeure : aucune reprise du logement sans décision de justice. L'absence de bail écrit ne donne aucun droit supplémentaire au propriétaire, elle lui impose seulement un travail de preuve en amont. Croire l'inverse est la principale source de voies de fait dans ces dossiers.

Combien coûte l'intervention du cabinet dans un dossier d'expulsion ?

La consultation par téléphone de trente minutes est facturée 120 dinars, la visioconférence de quarante cinq minutes 200 dinars et l'étude de dossier avec examen des pièces d'une heure 350 dinars. Les honoraires de procédure font l'objet d'une convention écrite préalable.

La consultation par téléphone de trente minutes, facturée 120 dinars, soit environ 35 euros, suffit à trancher une question ciblée : faut il envoyer une mise en demeure, l'occupant peut il invoquer tel argument, un accord proposé est il acceptable. C'est le format que choisissent la plupart des propriétaires au tout début d'un impayé, avant que la situation ne se dégrade.

La consultation en visioconférence de quarante cinq minutes, facturée 200 dinars, soit environ 60 euros, permet de partager les documents à l'écran et d'examiner ensemble le bail et le décompte. Elle convient particulièrement aux propriétaires vivant hors de Tunisie, qui doivent décider d'engager ou non une démarche sans pouvoir se déplacer.

L'étude de dossier avec examen des pièces, facturée 350 dinars, soit environ 100 euros, pour une heure, suppose l'envoi préalable des documents. Nos équipes lisent le bail, les relevés, les échanges, puis rendent une position motivée : ce que le dossier permet de demander, ce qui manque, et dans quel ordre agir. C'est le format retenu lorsque la situation dure depuis plusieurs mois.

Les honoraires de procédure sont distincts et font l'objet d'une convention écrite signée avant toute démarche, qui décrit la mission confiée et son mode de rémunération. Les frais de justice, les timbres, les actes d'huissier notaire et les éventuels frais d'expertise ne sont pas compris dans les honoraires : ils sont exposés au client avant d'être engagés.

Qu'est ce qui fait durer une procédure d'expulsion et qu'est ce qui l'accélère ?

Les renvois, les significations irrégulières et les dossiers incomplets allongent la procédure. Un décompte exact, une mise en demeure signifiée et une demande couvrant tous les chefs utiles la font avancer.

La cause de retard la plus fréquente est la signification. Un occupant introuvable, une adresse erronée, un acte remis à une personne qui n'a pas qualité pour le recevoir : chacune de ces difficultés impose de recommencer et fait perdre une audience. Vérifier l'adresse réelle et documenter les tentatives de remise dès le départ évite une grande partie de ces incidents.

La deuxième cause tient à la demande elle même. Un propriétaire qui n'a demandé que le paiement obtient un jugement qui ne permet pas de libérer les lieux, et il doit engager une seconde instance. De même, une demande d'indemnité d'occupation oubliée prive le propriétaire de toute compensation pour la période qui sépare la résiliation de la libération effective.

La troisième cause est probatoire. Un dossier constitué en cours d'instance, où les quittances arrivent au fil des audiences et où le décompte change à chaque fois, invite aux renvois et affaiblit la position du demandeur. À l'inverse, un dossier complet dès le dépôt laisse peu de prise aux demandes de délai supplémentaire.

Enfin, l'attitude de l'occupant pèse. Un occupant de bonne foi qui propose un échéancier peut obtenir des délais du juge, ce qui suspend en pratique l'expulsion tant qu'ils sont respectés. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise issue pour le propriétaire, car un règlement échelonné effectivement exécuté vaut mieux qu'un jugement contre un débiteur sans ressources.

Quels signaux d'alerte doivent faire hésiter avant de confier un dossier d'expulsion ?

Une date de libération annoncée à l'avance, un conseil de reprendre le logement soi même et l'absence de convention écrite d'honoraires sont des signaux sérieux. Ces dossiers se conduisent sur pièces et dans les formes.

Le premier signal est l'annonce d'un calendrier certain. Personne ne peut garantir une date de libération, parce qu'elle dépend du rôle de la juridiction, des renvois demandés par l'adversaire et du déroulement de l'exécution. Un interlocuteur qui promet un délai précis avant même d'avoir lu le bail s'engage sur ce qu'il ne maîtrise pas, et il devra ensuite justifier un écart qu'il a lui même créé.

Le deuxième signal est le conseil, même formulé à demi mot, de reprendre le logement par ses propres moyens en attendant la décision. Cette suggestion expose le propriétaire à une réintégration ordonnée de l'occupant et à des dommages, alors que la dette reste due. Le cabinet dissuade systématiquement ses clients d'emprunter cette voie, y compris lorsque la situation paraît injuste.

Le troisième signal concerne les honoraires et les frais. La convention écrite préalable doit distinguer clairement ce qui rémunère la mission de ce qui correspond aux frais de justice, aux timbres et aux actes d'huissier notaire. Dans une expulsion, ces frais interviennent à plusieurs reprises, et un client qui les découvre au fil du dossier finit par douter de l'ensemble.

Le dernier signal tient au suivi. Un propriétaire doit pouvoir savoir quelle audience est fixée, quels actes ont été signifiés et où en est l'exécution. L'absence prolongée de réponse ou l'impossibilité d'obtenir copie des pièces déposées sont des difficultés à traiter tôt, par une demande écrite, avant qu'elles ne se répercutent sur l'issue du dossier.

Le déroulé réel d'un dossier d'expulsion suivi par le cabinet

  1. Qualifier exactement la situation

    Nos équipes déterminent d'abord la nature de l'occupation : bail écrit, bail verbal, occupant sans titre, bail commercial, sous location non autorisée. La procédure et le tribunal compétent en dépendent, et une erreur de qualification à ce stade coûte l'intégralité du temps investi.

    Contrat de bail, échanges écrits, preuves de paiement

  2. Établir le décompte des sommes dues

    Un tableau mois par mois indique le loyer convenu, les sommes réglées, le mode de paiement et le solde. Ce document sert de base à la mise en demeure puis à la demande, et il évite que le débat ne se déplace sur le montant plutôt que sur le principe.

    Quittances, relevés bancaires, contrat de bail

  3. Faire signifier une mise en demeure

    L'acte est signifié par huissier notaire au domicile de l'occupant. Il rappelle les sommes dues, invite à régulariser et annonce la saisine du tribunal. Cette étape donne une date certaine et une part réelle des dossiers se règle ici, sans procédure.

    Dès les premières semaines d'impayé Acte extrajudiciaire signifié

  4. Saisir le tribunal du lieu de l'immeuble

    La demande porte simultanément sur le paiement des arriérés, la résiliation du bail, l'expulsion et l'indemnité d'occupation. Ne demander que le paiement conduit à obtenir un jugement inutilisable pour libérer les lieux, et à recommencer une instance entière.

    Bail, décompte, mise en demeure signifiée

  5. Plaider et répondre aux moyens de l'occupant

    L'occupant invoque souvent des travaux non faits, un accord verbal ou une compensation. Chaque moyen est discuté sur pièces. C'est la phase où la qualité du dossier constitué en amont fait la différence, bien davantage que l'éloquence à l'audience.

  6. Obtenir le jugement et le faire signifier

    Un jugement n'est exécutoire qu'après signification par huissier notaire. C'est cette signification qui fait courir les voies de recours et qui ouvre l'exécution. Beaucoup de propriétaires s'arrêtent au prononcé et perdent le bénéfice du temps déjà écoulé.

    Jugement et acte de signification

  7. Suivre l'exécution jusqu'à la libération des lieux

    L'huissier notaire procède aux opérations d'expulsion dans les formes légales, avec le concours prévu par la loi lorsqu'il est nécessaire. Nos équipes suivent cette phase et engagent en parallèle le recouvrement des sommes dues, qui ne s'éteint pas avec le départ de l'occupant.

Ce qui est possible et ce qui ne l’est pas

Action envisagéeLiciteCondition ou conséquence
Changer la serrure en son absenceNonVoie de fait, réintégration ordonnée et dommages à la charge du propriétaire
Couper l'eau ou l'électricitéNonTrouble caractérisé, exposition à des poursuites
Faire sortir les meubles soi mêmeNonSeul l'huissier notaire peut agir, sur jugement signifié
Signifier une mise en demeureOuiPar huissier notaire, avec le décompte des sommes dues
Demander la résiliation du bailOuiDevant le tribunal du lieu de l'immeuble
Réclamer une indemnité d'occupationOuiÀ compter de la résiliation prononcée
Faire constater l'état du logementOuiPar constat d'huissier notaire, avant et après
Accorder des délais à l'occupantOuiPar accord écrit, ou par décision du juge

Cas particuliers

Le propriétaire réside à l'étranger

La procédure se mène entièrement sur procuration. Une procuration établie devant le consulat de Tunisie permet au cabinet d'engager la mise en demeure, de saisir le tribunal et de suivre les audiences sans que le propriétaire ait à se déplacer. Les échanges se font en visioconférence et les sommes recouvrées sont versées sur le compte désigné par le client.

Le logement appartient à plusieurs héritiers

Un indivisaire peut agir pour la part qui lui revient, mais la résiliation et l'expulsion supposent en principe l'accord des autres. Faute d'accord, une autorisation judiciaire peut être demandée. Il est donc préférable de régler la question successorale avant d'engager la procédure contre l'occupant.

L'occupant est un commerçant titulaire d'un bail commercial

Le bail commercial obéit à des règles propres, notamment en matière de renouvellement, de congé et d'indemnité d'éviction. Le formalisme y est nettement plus lourd, et une erreur de procédure coûte souvent le bénéfice de plusieurs années. Ce dossier ne se traite pas comme une location d'habitation.

Le logement a été sous loué sans autorisation

La sous location non autorisée constitue un manquement du locataire principal et peut fonder la résiliation. Elle complique cependant l'exécution, puisqu'un occupant supplémentaire se trouve dans les lieux. La demande doit viser toutes les personnes présentes, faute de quoi l'exécution se heurte à un occupant non visé par le jugement.

Dans une expulsion, ce qui décide de l'issue n'est presque jamais le droit, c'est la date de la première mise en demeure et la qualité du décompte. Un propriétaire qui agit dès les premières semaines récupère bien plus souvent que celui qui attend une année entière.
Maître Amine Messaadi, Barreau de Tunis

Les erreurs qui coûtent cher

Reprendre le logement soi même en changeant la serrure

Voie de fait caractérisée, réintégration de l'occupant ordonnée et dommages à la charge du propriétaire, alors que la dette reste entièrement due.

Ne demander que le paiement des arriérés

Le jugement obtenu ne permet pas de libérer les lieux, et il faut engager une seconde procédure en résiliation et en expulsion.

Accepter des promesses verbales pendant des mois

La dette dépasse la capacité de paiement de l'occupant, et le recouvrement devient théorique même après un jugement favorable.

Négliger la signification du jugement

La décision reste inexécutable, les voies de recours ne courent pas et le temps déjà écoulé ne produit aucun effet utile.

Ne conserver aucun état des lieux ni photographie

Les dégradations ne peuvent plus être imputées à l'occupant, et la garantie versée doit être restituée intégralement.

Questions fréquentes

Peut on expulser un locataire pendant l'hiver en Tunisie ?

La question relève de l'appréciation du juge et des circonstances de chaque dossier, notamment lorsque des enfants ou des personnes vulnérables occupent les lieux. Aucune règle ne dispense d'obtenir au préalable une décision de justice.

Faut il obligatoirement un avocat pour une procédure d'expulsion ?

L'assistance n'est pas exigée pour toutes les demandes, mais la qualification de l'occupation, le choix du tribunal et la formulation des chefs de demande décident souvent de l'issue. Une demande mal cadrée oblige à recommencer.

Le locataire peut il obtenir des délais pour quitter les lieux ?

Le juge peut accorder des délais à un occupant de bonne foi en considération de sa situation. Ces délais suspendent en pratique l'exécution tant qu'ils sont respectés, et ils sont souvent assortis d'un règlement échelonné.

Puis je réclamer les loyers après le départ de l'occupant ?

Oui. Le départ ne fait pas disparaître la dette. L'action en paiement reste ouverte tant que la créance n'est pas prescrite, et l'exécution peut porter sur les revenus ou les biens de l'ancien occupant.

Que se passe t il si l'occupant laisse ses meubles sur place ?

L'huissier notaire dresse un inventaire des biens présents lors des opérations et procède selon les formes prévues. Cette phase est encadrée, elle ne permet en aucun cas au propriétaire de disposer librement des affaires laissées.

Le cabinet peut il d'abord tenter un accord amiable ?

Oui, et c'est souvent la première démarche proposée. Un protocole écrit prévoyant un départ à une date convenue et un règlement échelonné produit fréquemment un résultat plus rapide qu'une procédure menée jusqu'au bout.

L'expulsion efface t elle la dette locative ?

Non. Ce sont deux questions distinctes. La libération des lieux met fin à l'occupation, le recouvrement des sommes dues se poursuit ensuite par les voies d'exécution ouvertes contre le débiteur.

Les frais d'huissier notaire sont ils compris dans les honoraires ?

Non. Les actes d'huissier notaire, les timbres, les frais de greffe et les éventuels frais d'expertise sont distincts des honoraires et restent à la charge du client. Ils sont annoncés avant d'être engagés.

Sources et vérification

  • Code des obligations et des contrats, dispositions sur le contrat de louage
  • Code de procédure civile et commerciale, compétence territoriale, signification et voies d'exécution
  • Loi portant organisation de la profession d'avocat
  • Pratique du cabinet Messaadi devant les juridictions du Grand Tunis

Cette page donne une information générale sur le droit tunisien. Elle ne remplace pas l'examen de vos pièces par un avocat. Dernière vérification le 18 août 2026 par Maître Amine Messaadi.

À lire ensuite

Ce sujet relève de notre pratique en expulsions. Le dossier complet se trouve dans le guide choisir son avocat.

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